NOUVELLES

USA : débat rythmé entre Biden et Ryan, vifs échanges sur la Libye et l'Iran

11/10/2012 10:48 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Joe Biden et Paul Ryan, colistiers de Barack Obama et Mitt Romney pour la présidentielle américaine du 6 novembre, ont eu de vifs échanges jeudi soir sur la Libye et l'Iran notamment au cours d'un débat crucial pour les démocrates face à la remontée du candidat républicain.

Le débat entre les deux candidats à la vice-présidence, rythmé, vif, mais dans une certaine bonne humeur, a débuté par un échange sur les responsabilités de l'administration dans l'attaque du consulat de Benghazi, en Libye, le 11 septembre où l'ambassadeur américain a été tué.

"Nous irons jusqu'au fond de l'affaire, et où que nous mènent les faits, et quels qu'ils soient, nous en ferons part aux Américains, car quelles que soient les erreurs qui ont été faites, elle ne seront pas répétées", a affirmé Joe Biden, en ouverture du débat de Danville, dans le Kentucky (centre-est).

Paul Ryan, 42 ans, a répliqué qu'il avait "fallu deux semaines au président pour reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque terroriste" et reproché à l'administration d'avoir changé de version sur le scénario de l'attaque. "Quand nous donnons l'impression d'être faibles, nos ennemis sont plus enclins à nous tester", a-t-il lancé.

L'Iran a aussi fait l'objet d'un échange vif sur la politique étrangère de Barack Obama depuis sa prise de fonctions, le républicain affirmant que la sécurité des Etats-Unis avait été affaiblie en quatre ans.

"Quand Barack Obama a été élu, (les Iraniens) avaient assez de matériel nucléaire pour fabriquer une bombe. Aujourd'hui, ils en ont assez pour cinq", a accusé Paul Ryan.

"Incroyable !", a répliqué le vice-président, très offensif. "Les Israéliens et les Etats-Unis, ainsi que tous les services de renseignement militaires arrivent aux mêmes conclusions quant au fait de savoir si l'Iran est proche d'avoir une arme nucléaire. Ils en sont encore assez loin". "Nous ne laisserons pas les Iraniens avoir l'arme nucléaire", a ajouté le vice-président lors de ce débat mené d'une main ferme par la journaliste Martha Raddatz d'ABC News.

Très décontracté, Biden, 69 ans, vétéran de la politique, élu six fois au Sénat des Etats-Unis, orateur éloquent coutumier des grands débats, a ri de très nombreuses reprises au cours de ce débat où ont été abordées de nombreuses questions centrées sur le niveau d'imposition de la classe moyenne ou encore l'économie.

Paul Ryan, qui a été élu sept fois au Congrès, mais n'a jamais participé à un tel face-à-face, est apparu beaucoup plus appliqué. "Au bout de quatre ans, Mitt Romney et moi-même assumerons le responsabilité de notre bilan", a-t-il lancé.

C'est la deuxième fois de son histoire que la petite ville de Danville reçoit ce face-à-face entre les prétendants à la vice-présidence du pays, qui devrait être suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs.

Traditionnellement, le débat des vice-présidents est l'occasion d'un festival de piques verbales entre les candidats. Certaines sont restées dans les annales, comme la phrase de l'ex-gouverneure de l'Alaska Sarah Palin face à Joe Biden en 2008, lançant dès son arrivée sur le plateau pour irriter son aîné de rival: "Je peux vous appeler Joe?".

Les deux derniers débats Obama/Romney sont prévus les 16 et 22 octobre.

Un peu plus tôt dans l'après-midi, en meeting électoral à Miami, en Floride (sud-est), Obama avait ironisé sur les tentatives de recentrage de son adversaire républicain, faisant rire son audience sur "Mitt Romney nouveau, remis à jour".

"Parce que les gens ont compris que ses idées n'aideraient pas la classe moyenne (...) Mitt Romney est désormais pour ce que vous approuvez, quoi que ce soit!", a lancé le président américain qui devait regarder le débat à la télévision depuis son avion Air Force One, pendant le vol retour entre Miami et Washington, selon son équipe.

sam-jca/lb

PLUS:afp