NOUVELLES

Une météorite d'origine martienne tombée dans le désert du Maroc

11/10/2012 04:41 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

PARIS - Une météorite tombée dans le désert du sud du Maroc en juillet 2011 et récupérée trois mois après sa chute provient de la planète Mars, annonce un groupe de chercheurs dans la revue «Science» à paraître vendredi.

La météorite de Tissint devient ainsi la cinquième météorite martienne dont la chute a été observée en direct. Un événement qui ne s'était pas produit depuis 1962.

«Plus de 20 kilos d'échantillons ont été trouvés dans le désert marocain», a expliqué le géologue Albert Jambon, de l'Institut des sciences de la Terre de Paris. Il est l'un des chercheurs français associé au comité international qui a étudié la météorite de Tissint.

N'ayant séjourné que trois mois dans le désert, cette météorite a été peu altérée par son séjour sur Terre et offre aux chercheurs un matériau de bonne qualité pour mener des analyses géochimiques poussées. La météorite contient notamment des inclusions de verre noir, sous forme de petites billes ou de veines, qui résultent de la fonte de la roche au moment de l'impact sur Mars.

«Il s'agit d'un choc très bref, qui peut durer une fraction de seconde, pendant laquelle la roche subit de façon très irrégulière, à un millimètre près, des températures d'environ 1500 degrés et de très fortes pressions», souligne Albert Jambon. «Ce choc a éjecté la météorite de la planète Mars il y a un peu moins d'un million d'années, environ 700 000 ans.»

Avant de tomber sur Terre, elle est restée au sein d'un essaim de cailloux en orbite autour du Soleil dont la course croise de temps en temps l'orbite de la Terre.

La météorite de Tissint ressemble à une autre météorite martienne bien connue, découverte en Antarctique en 1980, appelée EETA 79001, mais qui a passé plusieurs milliers d'années dans la glace avant d'être collectée.

Les analyses de la météorite Tissint ne font que commencer et cette première publication devrait être suivie par d'autres: plusieurs équipes dans le monde travaillent en effet sur les échantillons récupérés au Maroc.

PLUS:pc