NOUVELLES

Tunisie: un chef salafiste prédit des attentats pour incriminer sa mouvance

11/10/2012 01:56 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Un chef salafiste radical en Tunisie a affirmé jeudi que des attentats se préparaient dans le pays dans le but d'incriminer ce mouvement radical, qui selon les autorités, est responsable de violences.

"Des actes de violence et des attentats se préparent en Tunisie pour être attribués aux salafistes", a affirmé jeudi à la presse Khmaïs Majeri, considéré comme un chef de cette mouvance jihadiste.

"Nous mettons en garde contre de tels actes (...) qui seraient attribués aux salafistes", a-t-il répété, sans fournir plus de détail.

Il a par ailleurs dénoncé la répression qui vise la mouvance affirmant que 800 salafistes ont été arrêtés depuis l'attaque sanglante de l'ambassade américaine à Tunis le 14 septembre par des manifestants protestant contre un film islamophobe aux Etats Unis.

"Ces jeunes salafistes ont été arrêtés sur la base d'écoutes téléphoniques", a souligné un autre responsable jihadiste, Imed Ben Salah (alias Abou Abdallah Al Tounsi). Selon lui, ces détenus ont été "torturés" et empêchés de voir leurs familles et leurs avocats.

"La patience a des limites et nous ne pouvons pas retenir nos jeunes plus que ça si ces pratiques (de torture) se poursuivent", a-t-il menacé réclamant la libération des militants.

Cette conférence de presse, tenue dans une mosquée à proximité d'un campus universitaire près de Tunis, a été organisée après un entretien entre le groupe de dirigeants salafistes et le président tunisien Moncef Marzouki.

Selon M. Majeri, la libération des détenus et la permission aux femmes de porter le niqab à l'université étaient notamment au menu de cet entretien, le premier du genre entre des salafistes et le président tunisien qualifié d'"apostat" par un parti fondamentaliste.

Le président Marzouki avait déclaré début octobre que les "jihadistes" sont un "grand danger" pour la région du Maghreb, qui est en train de devenir un centre pour des "terroristes". Il avait estimé leur nombre à 3.000 en Tunisie.

ms-kl/alf/Bsh/vl

PLUS:afp