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Tunisie: 75 députés réclament la dissolution du parti islamiste au pouvoir

11/10/2012 03:33 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Soixante-quinze députés de l'opposition tunisienne ont signé jeudi une pétition réclamant la dissolution du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, en raison de déclarations conciliantes de son chef Rached Ghannouchi à l'égard de militants salafistes.

Les signataires du texte, dont l'AFP a obtenu une copie, estiment qu'Ennahda doit être dissout "juridiquement" car le parti "ne croit pas en la démocratie" et "complote contre l'aspect civil de l'Etat".

Les 75 députés sur les 217 que compte l'Assemblée nationale constituante (ANC) réclament la tenue d'une séance plénière samedi pour débattre de cette question.

Dans une vidéo datant de février mais dont la diffusion a fait scandale mercredi, Rached Ghannouchi conseille à des dirigeants salafistes radicaux de "préserver leurs acquis avec sagesse" et estime que "l'armée et la police ne sont pas sûres" car aux mains des "laïcs" tenants de l'ancien régime.

Enfin, il demande aux "jeunes salafistes de patienter" et de prendre le "temps pour capitaliser les acquis", en leur conseillant aussi de "créer des télévisions, des radios, des écoles, des universités".

La presse tunisienne a épinglé jeudi M. Ghannouchi sur ces déclarations, alors que son parti assure que les propos ont été sortis de leur contexte.

La mouvance salafiste radicale est responsable de plusieurs vagues de violences depuis la révolution de janvier 2011. La dernière en date a fait 4 morts lors de l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis à Tunis le 14 septembre.

L'opposition a accusé à plusieurs reprises les islamistes d'Ennahda de complaisance envers ces militants radicaux.

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