POLITIQUE

Sommet de la Francophonie: Stephen Harper soutient qu'il ne laissera pas tomber l'Afrique

11/10/2012 08:53 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

DAKAR, Sénégal - Stephen Harper assure les populations souffrant de la crise au Sahel que le Canada ne les laissera «pas tomber», bien qu'Ottawa soit loin d'avoir fait de l'Afrique une priorité au cours des dernières années.

À la veille du 14e Sommet de la Francophonie en République démocratique du Congo, le premier ministre a fait un saut au Sénégal pour rencontrer le nouveau président élu, mais aussi pour annoncer une série d'investissements au pays.

L'idée est d'entretenir des liens plus étroits avec le Sénégal, considéré par Ottawa comme un «pilier» de démocratie, dans un coin du monde marqué par l'instabilité et la violence.

Stephen Harper a notamment participé jeudi à une séance d'information à la Maison des Nations unies, où il a annoncé une aide ponctuelle de 20 millions $ en trois ans, à même des fonds pré-existants, destinée à la région du Sahel aux prises avec d'importants problèmes de famine.

«Le sort de votre pays, de votre région ne laisse personne indifférent», a soutenu M. Harper, devant des représentants de différentes instances onusiennes.

Le premier ministre a signalé que les Canadiens avaient déjà offert leurs dons pour s'attaquer directement à la crise dans la région, exacerbée par le conflit malien, mais qu'il fallait faire plus.

«Nous avons encore du travail à accomplir. J'ai donc le plaisir d'annoncer aujourd'hui que le gouvernement du Canada va investir des sommes importantes ici, au Sénégal, afin notamment de distribuer de la nourriture, réhabiliter le territoire agricole et prévenir de futures crises», a-t-il signalé, ajoutant que les Canadiens ne les laisseraient pas tomber.

L'argent alloué servira notamment à offrir des suppléments alimentaires aux mères et aux jeunes enfants, à améliorer les pratiques agricoles et à offrir des semences de meilleure qualité.

L'Agence canadienne de développement international (ACDI) investit annuellement autour de 70 millions $ au Sénégal, qui fait partie des sept pays africains ciblés par le Canada, quoique l'aide au Mali soit actuellement suspendue.

«Même lors de bonnes années, plus de 230 000 enfants meurent à travers le Sahel de malnutrition ou de maladie», a expliqué l'un des intervenants de la table-ronde, Noel Tsekouras, du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Le conflit malien, le crime et le terrorisme accentuent les problèmes en ce moment. Si bien que pas moins de 18 millions de personnes ont été affectées par la famine au Sahel cette année, mettant en danger plus d'un million d'enfants, selon Thomas Yanga, du Programme alimentaire mondial (PAM).

Formation

Plus tôt en matinée jeudi, Stephen Harper a visité le Centre d'entreprenariat et de développement technique de Dakar, où le Canada injectera 5 millions $ en cinq ans pour les écoles de formation professionnelle. Le programme, financé à travers l'ACDI, est destiné à former une main-d'oeuvre prête à l'emploi dès qu'elle quitte les bancs d'école.

Flanqué de son ministre du Développement international Julian Fantino et de sa députée Shelly Glover, il a été accueilli par les élèves de l'école de géomatique, que finance le Canada depuis 2006, qui lui ont fait un petit exposé sur l'importance de cette discipline dans la gestion des ressources.

L'une des élèves sélectionnées pour s'adresser à M. Harper, puis aux journalistes, a fait valoir que la formation représente la clé du développement. «On peut espérer dans les années prochaines avoir des ressources humaines de qualité, et donc de développer le pays», a noté Adje Sene, une jeune femme de 21 ans, drapée d'habits traditionnels jaunes et mauves.

Les relations économiques entretenues entre le Sénégal et le Canada ne dépassent pas 30 millions $, consistant surtout en des exportations de céréales et de machineries. Mais le pays est perçu par Ottawa comme un modèle de démocratie, d'où l'importance d'entretenir avec lui des relations plus que cordiales. Les élections qui ont récemment mené au pouvoir Macky Sall ont été considérées comme transparentes.

Avant de quitter le Sénégal vendredi, M. Harper rencontrera d'ailleurs le nouveau président, deux fois plutôt qu'une, d'abord pour un repas, puis lors d'une rencontre officielle suivie d'un point de presse.

Il s'agit de la troisième visite de Stephen Harper en Afrique depuis qu'il est premier ministre. Par le passé, des critiques s'étaient élevées pour dénoncer le peu d'implication du gouvernement Harper dans ce continent et les coupes dans les programmes d'aide au développement. Après son arrivée au pouvoir, M. Harper était entre autres revenu sur les engagements de son prédécesseur Paul Martin envers le continent.

M. Harper s'envolera pour Kinshasa vendredi en mi-journée, afin de participer au Sommet de la Francophonie. Il devrait y rencontrer le président hôte, Joseph Kabila, contrairement à la première ministre du Québec, Pauline Marois, qui a choisi d'éviter de serrer la main du politicien dont les dernières élections ont été entachées d'irrégularités.