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Ryan et Biden débattent des questions de politiques étrangères

11/10/2012 11:08 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

WASHINGTON - La question libyenne a été le premier sujet à retenir l'attention des deux candidats à la vice-présidence des États-Unis, le démocrate Joe Biden et le républicain Paul Ryan, lors de l'unique débat de la campagne les opposants, jeudi soir.

Et dès le début, le vice-président sortant a montré qu'il n'avait pas l'intention de se laisser déstabiliser par les attaques de son adversaire.

La modératrice du débat, la journaliste Martha Raddatz, d'ABC, a demandé si l'attaque du 11 septembre contre le consulat américain en Libye au cours de laquelle l'ambassadeur et trois autres Américains ont été tués, était le résultat d'un échec complet des services de renseignements américains.

Après que M. Biden eut promis de «mener devant la Justice les hommes qui ont perpétré (l'attaque)», son adversaire a réagi en affirmant qu'on assistait à l'échec de la politique étrangère de (Barack Obama).

Joe Biden a alors répliqué que M. Ryan ne racontait que «des balivernes» et n'avait rien dit de vrai.

Il a aussi fait remarquer que M. Obama avait promis de mettre un terme à la guerre en Irak, ce que le président sortant est parvenu à faire. Il a aussi indiqué qu'une des priorités de M. Obama était de mettre Osama Ben Landen hors d'état de nuire. Là encore, mission accomplie. M. Biden a ensuite ajouté que M. Romney, le candidat républicain à la présidence, a déjà affirmé qu'il n'aurait pas fait des pieds et des mains pour trouver le chef d'al-Qaïda, et que les troupes américaines auraient dû demeurer en Irak et en Afghanistan.

Au sujet de l'Iran, M. Ryan a affirmé qu'une administration Romney sera crédible. Il a reproché au président Obama d'avoir laissé ce pays se rapprocher de l'arme nucléaire. Mais là-aussi, M. Biden lui a fait la leçon en disant que les sanctions économiques avaient ruiné l'Iran et que ce pays était encore plus isolé que le jour où l'administration Obama a commencé à exercer le pouvoir.

Le conflit afghan est ensuite venu sur le tapis. Selon M. Biden, le temps est venu pour l'Afghanistan d'assumer sa propre sécurité.

Quant à Paul Ryan, il s'est contenté de dire qu'il ne voulait pas que les Etats-Unis perdent les gains qu'ils ont réalisés au cours de cette guerre qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001.

Les deux hommes se sont entendus pour affirmer qu'il est temps pour les Américains d'être moins impliqués en Afghanistan. M. Ryan a même reconnu qu'il était d'accord avec la décision de M.Obama de retirer les troupes de ce pays en 2014 mais, selon lui, la Maison Blanche n'aurait pas dû en annoncer la date.

Sur la question syrienne, le candidat Ryan a affirmé que personne n'avait proposé d'envoyer des troupes américaines en Syrie. Il a toutefois accusé l'administration Obama d'avoir laissé les Nations Unis décider la position américaine dans ce dossier. Selon lui, le président sortant a donné un véto à la Russie. En conséquence: plus le conflit persiste, plus de groupes comme al-Qaïda se rendront là-bas.

M. Biden a dit que la dernière chose dont ont besoin les Etats-Unis est une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Si M. Ryan et Mitt Romney veulent envoyer des soldats américains en Syrie, qu'ils le disent. Il a ajouté que M. Romney parle beaucoup des insuccès de la stratégie de M. Obama mais n'a pas encore soufflé mot de ce qu'il ferait différemment.

Fait étrange, alors que les questions de politique étrangère ont dominé le débat, le dossier de l'avortement a clos la discussion.

Joe Biden, un catholique, a dit qu'il croyait que la vie débutait à la conception. Toutefois, il refuse d'imposer sa foi sur les autres citoyens d'autres religions. Quant à Paul Ryan, lui-aussi un catholique, il s'oppose à l'avortement mais a assuré que la politique d'une administration Romney serait de le permettre dans les cas de viol, d'inceste ou si la vie de la mère est en danger.

Les débats entre vice-présidents n'ont jamais été un événement majeur dans l'histoire politique américaine, mais les enjeux sont importants dans cette course très serrée, à moins d'un mois de l'élection du 6 novembre.

En 2008, le face-à-face entre Joe Biden et Sarah Palin avait attiré plus de 70 millions de téléspectateurs, soit plus que les débats entre Barack Obama et John McCain.

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