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Attentat contre le PQ: Richard Henry Bain de retour en cour

11/10/2012 05:26 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST
AP
A man is arrested by police outside the Parti Quebecois victory rally in Montreal on Wednesday, Sept. 5, 2012. A masked gunman wearing a blue bathrobe opened fire during a midnight victory rally for Quebec's new premier, killing one person and wounding another. The new premier, Pauline Marois of the separatist Parti Quebecois, was whisked off the stage by guards while giving her speech and uninjured. It was not clear if the gunman was trying to shoot Marois, whose party favors separation for the French-speaking province from Canada. Police identified the gunman only as a 62-year-old man, and were still questioning him Wednesday morning. (AP Photo/Montreal La Presse via The Canadian Press, Olivier Pontbriand)

MONTRÉAL - L'auteur présumé de l'attentat du 4 septembre au Métropolis de Montréal, Richard Henry Bain, arborait deux blessures à la tête lorsqu'il s'est présenté en Cour, jeudi.

Il a alors dit à son avocate qu'il avait été poussé par un gardien. À la sortie de la salle d'audience, Me Elfriede Duclervil a indiqué qu'elle entendait obtenir des explications.

«Nous allons demander une enquête. Est-ce que c'est arrivé dans l'autobus? Est-ce que c'est arrivé alors qu'il était en cellule?», s'est demandée Me Duclervil, soulignant que son transport précédent, alors qu'il avait été emmené au Palais de justice en voiture par la Sûreté du Québec, s'était déroulé sans incident.

Le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Jean-Pascal Boucher, a indiqué que l'on porterait une attention à cette situation tout en rappelant qu'elle ne relevait pas de sa juridiction.

«Évidemment, on va écouter, on va faire les vérifications mais en même temps ce n'est pas de notre responsabilité que de s'occuper de la détention des détenus.»

L'audience visait à procéder à une communication de la preuve. On y a appris que l'enregistrement intégral de l'entrevue de 38 minutes qu'a livré Richard Bain à la station radiophonique CJAD est considéré comme une déclaration par la Couronne et, de ce fait, constitue un élément de preuve.

Me Duclervil n'a pas caché que la décision de son client d'accorder cette entrevue ne l'avait pas du tout enchantée: «Je n'ai jamais donné une soi-disant permission à M. Bain. Ç'aurait été contraire à son droit à un avocat de communiquer avec les médias. On a trouvé très étrange qu'il ait été capable d'avoir cet entretien-là, d'être en mesure de téléphoner à CJAD et être en mesure de leur parler durant 38 minutes.»

La procureure de la Couronne affectée au dossier, Me Éliane Perreault, s'est engagée à remettre une copie de l'enregistrement à sa collègue de la défense. Or, une vérification auprès de la direction de l'information à CJAD a permis d'apprendre que la Couronne ne dispose pas de l'enregistrement en question. Le directeur de l'information, Éric Latour, a précisé à La Presse Canadienne que CJAD était prêt à remettre l'enregistrement à la poursuite si celle-ci lui en faisait juridiquement la demande, c'est-à-dire par voie de subpoena.

Les parties reviendront en Cour le 7 décembre prochain pour la suite des procédures. L'ensemble des éléments de preuve, ainsi que l'acte d'accusation ont été traduits en anglais à la demande de l'accusé.

Par ailleurs, Me Duclervil n'a pas encore réclamé que son client soit soumis à une évaluation psychiatrique, bien qu'elle n'écarte pas cette possibilité. Elle a cependant révélé qu'il ne réside plus à l'infirmerie de la prison de Rivière-des-Prairies mais bien dans une petite aile en compagnie de deux autres détenus, à l'écart de la population carcérale.

La Couronne n'a quant à elle pas encore décidé si d'autres accusations seront portées contre M. Bain, même si des armes ont été retrouvées à son domicile de Mont-Tremblant, dans les Laurentides.

Seize chefs d'accusation ont jusqu'ici été portés contre le suspect âgé de 62 ans, dont un de meurtre prémédité, trois chefs de tentative de meurtre, un de voies de fait graves et un autre pour incendie criminel.

Un technicien de scène, Denis Blanchette, qui avait 48 ans, a été mortellement atteint par un projectile d'arme à feu lors de l'attentat perpétré le 4 septembre dernier, au soir où des militants du Parti québécois (PQ) écoutaient leur chef, Pauline Marois, livrer son discours de victoire électorale.

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