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Ces petites polémiques qui pimentent la campagne électorale américaine

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BIG BIRD
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WASHINGTON - WASHINGTON (Sipa) — Les petites polémiques d'une campagne électorale ont-elles de l'importance? Il y a quatre ans, Barack Obama dénonçait les tentatives mesquines de "faire d'une élection importante un débat autour de petites choses". Aujourd'hui, c'est au tour des républicains d'accuser le président de s'abaisser pour obtenir un second mandat.

Républicain ou démocrate, quel que soit le camp à blâmer, avec l'accélération de la campagne électorale, d'anecdotiques polémiques ne cessent d'alimenter le débat.

- Big Bird (gros oiseau): le célèbre poussin jaune, vedette de l'émission télévisée populaire pour enfants "Sesame street" (1 Rue Sésame), mesure tout juste deux mètres cinquante de haut.

Il est pourtant devenu la cible des coupes budgétaires proposées par Mitt Romney lors du premier débat télévisé entre les deux candidats, quand le conservateur a déclaré vouloir arrêter de subventionner la télévision publique américaine, même s'il "aime Big Bird".

Depuis cette sortie, les démocrates ne cessent de railler le candidat du Parti républicain, transformant la très populaire marionnette en un point incontournable de la campagne américaine.

La société de production de la Rue Sésame a demandé le retrait du spot exploitant Big Bird car elle ne souhaite pas mêler l'émission éducative à la campagne, et Mitt Romney s'est moqué du président qui "a passé la semaine dernière à parler de sauver Big Bird".

- Les tweets: pourtant limités à 140 caractères, ils ont déclenché des tornades médiatiques. Lors de la controverse autour de Big Bird, 17.000 messages par minute incluaient le nom du poussin sur Twitter.

Alors que la campagne suit un rythme lent et évoque parfois des thèmes abstraits pour les électeurs, ceux-ci ont tendance à se tourner vers le réseau social pour se bagarrer et confronter leurs points de vues.

- Hobbies: même les loisirs des candidats engendrent de petites controverses. En juin, alors que Barack Obama jouait pour la centième fois au golf, un sport qu'il affectionne, il était assailli de critiques par ses détracteurs lui reprochant de passer du temps sur le green au lieu de régler les problèmes du pays.

Du côté républicain, c'est le marathon de Paul Ryan qui a fait polémique. Le candidat à la vice-présidence républicaine s'est fait attraper à mentir sur son temps, racontant dans une interview avoir couru un marathon en deux heures cinquante, alors qu'il avait en réalité couru une heure de plus.

Quant à la passion d'Ann Romney, la femme du candidat républicain, pour le dressage des chevaux, il a attiré de nombreuses critiques de la part des démocrates qui en ont fait le symbole du train de vie privilégié du couple républicain.

- Les mini-polémiques: la Première dame Michelle Obama est surnommée "la police de la nourriture" en raison de son militantisme pour une alimentation saine. Et elle n'est pas la première victime d'une controverse alimentaire: le président Georges W. Bush avait blessé les agriculteurs en son temps pour avoir critiqué le brocoli, quant à Barack Obama, il a été taxé d'élitisme pour avoir mentionné la hausse du prix de la roquette, considérée comme une salade de luxe.

Les candidats doivent-ils angoisser pour des polémiques aussi anecdotiques? En théorie, non. "Les citoyens sont trop sérieux pour se préoccuper de cela", affirme Richard Lau, professeur à l'Université de sciences politiques Rutgers. Les électeurs sont plus occupés à réfléchir sur l'économie, la dette, la couverture maladie ou la situation au Proche-Orient.

Malgré tout, de banales controverses peuvent avoir de conséquences. En 1992, la gaffe de Dan Quayle, vice-président de George W. Bush, avait semé le doute chez les électeurs quant à ses compétences te fait de lui la risée des médias. Lors de la visite d'une école primaire, il avait participé à un concours d'orthographe et ajouté un "e" final au mot "potato" (pomme de terre), initialement écrit sans faute.

Les petites gaffes peuvent ainsi avoir une importance insoupçonnée sur l'issue de la présidentielle dans les Etats indécis, le scrutin indirect se jouant Etat par Etat.

"La plupart des Américains passeront outre la fausse déclaration de Paul Ryan à propos de son marathon. Mais elle peut faire grincer des dents, par exemple, tous les coureurs amateurs", estime Steve Frantzich, professeur de sciences politiques à l'Académie navale des Etats-Unis. "Les gens utilisent un tissu d'informations et de désinformations pour déterminer s'ils apprécient ou pas tel ou tel candidat", explique le professeur. "Et parfois, la frontière entre le oui et le non peut être vraiment ténue."

C'est aussi cela la démocratie. Les électeurs peuvent choisir un candidat pour n'importe quel motif. Y compris le plus anecdotique.

mr/AP-dn/st

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