POLITIQUE

Le PQ reporterait l'enseignement intensif de l'anglais au primaire

11/10/2012 03:02 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST
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Le gouvernement du Parti québécois songe à modifier, voire à reporter l'implantation de l'enseignement de l'anglais intensif au primaire tout en augmentant l'enseignement de l'histoire au secondaire. La nouvelle a fait bondir l'opposition libérale.

La ministre de l'Éducation envisage d'abolir les cours d'anglais obligatoires en première et deuxième année du primaire dans les écoles publiques du Québec.

Marie Malavoy songe également à reporter l'implantation du programme d'enseignement intensif de l'anglais en sixième année du primaire, qui doit être effectuée d'ici 2015.

L'enseignement de l'anglais intensif en sixième année est une mesure mise en place par le gouvernement libéral de Jean Charest. Elle consiste à comprimer la matière normale sur 5 mois afin de consacrer le reste de l'année scolaire à l'anglais.

La ministre, qui se défend de vouloir empêcher les enfants québécois d'apprendre l'anglais, a expliqué à la radio de Radio-Canada qu'elle désire cependant prendre le temps d'étudier la question et que, par conséquent, la mise en application de l'anglais intensif dans toutes les écoles d'ici 2015 lui semble précipitée.

La ministre se fait prudente

« C'est qu'il y a des questions auxquelles on n'a pas répondu. Que fait-on par exemple avec les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage? Est-ce qu'on les sort du groupe ou on les garde? Est-ce qu'on crée d'autres retards pour eux? Ces questions-là demeurent entières », a souligné la ministre de l'Éducation jeudi midi sur les ondes de la radio de Radio-Canada.

« Tant qu'on n'a pas répondu à ces questions, je crois qu'il est de mon devoir de faire une évaluation en se disant que nous ne sommes pas contre l'anglais intensif en 6e année », a assuré Mme Malavoy.

Pas d'anglais au premier cycle du primaire

Pour ce qui est de l'enseignement de l'anglais obligatoire dès la première année du primaire, Marie Malavoy affirme qu'elle entend observer comment se déroule la situation actuellement en première et deuxième année du primaire.

Elle ajoute cependant que l'approche privilégiée par le Parti québécois est de commencer l'anglais à partir du deuxième cycle du primaire « avec ce format d'anglais intensif que nous sommes prêts à privilégier, mais on veut simplement qu'il fasse ses preuves », précise la ministre.

Selon le Parti québécois, le premier cycle du primaire n'est pas le meilleur moment pour apprendre une langue seconde étant donné les efforts demandés aux enfants à ce moment pour apprendre à lire et écrire en français.

En ce qui a trait à l'enseignement de l'histoire dans les écoles du Québec, Marie Malavoy déclare que son gouvernement estime en effet qu'on n'y dispense pas assez de cours d'histoire. « Nous avons remarqué l'an dernier que, par exemple, au cégep, il n'y a plus aucun cours d'histoire qui soit obligatoire », souligne Marie Malavoy.

« Nous pensons que dans l'approche thématique, il faut que tout ce qui a traversé l'histoire du Québec depuis la Révolution tranquille, y compris le débat national, soit dans les discussions. Il ne s'agit pas de privilégier un aspect ou l'autre », a précisé la ministre de l'Éducation.

Le PQ instrumentalise le système scolaire, selon l'opposition

Ce discours de la nouvelle ministre de l'Éducation du Québec fait bondir le chef de l'opposition par intérim, Jean-Marc Fournier, qui a accusé Marie Malavoy de se livrer à un « détournement politique des écoles du Québec. »

Le chef libéral s'insurge aussi de ces prises de position et affirme voir l'oeuvre des radicaux du Parti québécois.

Jean-Marc Fournier reproche aussi à la ministre de l'Éducation d'entretenir à des fins politiques la peur de voir le français disparaître, alors que cela est impossible, selon lui.