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Matricule 728: le directeur du SPVM, Marc Parent, présente ses excuses

11/10/2012 02:59 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Le directeur du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, s'est excusé, jeudi, auprès des personnes impliquées dans une altercation avec la policière Stéphanie Trudeau il y a quelques jours.

Des images diffusées la veille par la télévision de Radio-Canada montrent la policière — mieux connue pour son numéro de matricule, le 728 — interpellant de manière excessivement musclée un Montréalais lors d'une intervention sur le plateau Mont-Royal.

Un enregistrement audio réalisé par inadvertance quelques minutes plus tard permet d'entendre la policière Trudeau y aller de commentaires dégradants à l'endroit des citoyens en question.

Le directeur Parent a cherché à distancer tout le service de cet incident.

«Je trouve important de réaffirmer que ces propos sont complètement inacceptables, qu'ils sont intolérables et qu'ils ne sont pas du tout en lien avec nos valeurs, qu'ils ne sont pas du tout acceptés par l'ensemble des employés du SPVM et qu'ils sont carrément en contradiction avec ce que l'on préconise comme comportement et comme valeurs au niveau de nos employés.»

Il a expliqué que la policière Trudeau ne pouvait pas être maintenue dans ses fonctions et a même reconnu qu'elle pouvait effectivement représenter une certaine menace pour les citoyens.

«Dès hier (mercredi) on a désarmé cette policière, on l'a mutée administrativement dans de nouvelles fonctions», a-t-il expliqué. «À compter de maintenant, elle est suspendue durant la durée de l'enquête. Et c'est une enquête qui va être faite de façon accélérée compte tenu des circonstances, des enjeux associés aux différents faits qui ont été révélés qui sont carrément troublants.»

Il a rappelé que le service de police s'est doté d'une politique de tolérance zéro envers le profilage — qu'il soit racial, politique ou social.

M. Parent a aussi admis que le comité de déontologie du SPVM a été saisi de quelques plaintes à son sujet depuis le début de sa carrière.

Stéphanie Trudeau avait défrayé les manchettes une première fois au printemps dernier, quand elle avait copieusement aspergé de gaz poivré des manifestants apparemment pacifiques qui participaient à une marche étudiante, une scène filmée par un participant. C'est à ce moment que son numéro de matricule avait été connu du public.

M. Parent a expliqué jeudi que des démarches avaient été entreprises depuis cet incident et que la policière faisait l'objet d'un encadrement plus serré, notamment en ce qui concerne les situations auxquelles elle était exposée. Il se questionne maintenant sur l'efficacité du système de détection en place, et de la supervision à laquelle elle était soumise.

«Il y a des policiers aujourd'hui qui ne sont pas fiers de voir comment elle a pu ternir non seulement le SPVM mais l'ensemble de la communauté policière par les propos qui ont été tenus», a-t-il conclu.

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