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Les rebelles du sud du Soudan continueront leur lutte même coupés de Juba

11/10/2012 11:33 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Les rebelles du Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan, ont assuré jeudi qu'ils continueraient à se battre contre l'armée malgré un récent accord entre Khartoum et Juba visant à leur couper tout soutien sud-soudanais.

"Nous avons notre cause. Nous nous battrons pour cela, pas en raison du Soudan du Sud. On ne peut pas priver le peuple de ses droits", a déclaré par téléphone à l'AFP Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole de la branche nord du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM-N).

Lundi, le SPLM-N a bombardé Kadougli, capitale du Kordofan-Sud contrôlée par Khartoum, faisant sept morts selon les médias officiels soudanais. L'ONU a dénoncé l'attaque, précisant qu'un obus avait atterri -- sans exploser -- dans un complexe de l'Unicef, l'agence de l'ONU pour les enfants.

"Nous le regrettons. Nous sommes vraiment désolés s'il y a eu la moindre perte", a assuré M. Lodi. "Nous essayons de les défendre", a-t-il ajouté à propos des habitants de la ville.

Selon lui, les rebelles visaient l'armée soudanaise, en réaction à des bombardements menés plus tôt par les forces de Khartoum, et les critiques sont disproportionnées par rapport aux "18 mois de tueries et d'atrocités" menées par le gouvernement depuis le début du conflit.

Les rebelles du SPLM-N ont combattu au côté des Sudistes pendant les deux décennies de guerre civile Nord/Sud qui ont abouti à la partition en juillet 2011. Ils sont bien implantés au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, deux Etats frontaliers du Soudan du Sud où Khartoum tente désormais d'asseoir son autorité.

Il n'existe aucune estimation fiable du nombre de victimes des bombardements et combats qui font rage dans ces deux Etats depuis l'été 2011, mais selon l'ONU, le nombre de réfugiés affamés ne cesse de croître, et plus de 173.000 d'entre eux survivent désormais dans des camps au Soudan du Sud.

Le bombardement de Kadougli est intervenu quelques jours après la signature par les deux Soudans d'une série d'accords sur la sécurité et la coopération, en particulier sur une zone démilitarisée le long de la frontière afin de couper les rebelles de part et d'autre de leurs soutiens de l'autre côté.

Le SPLM-N assure ne plus avoir de liens avec le Soudan du Sud, mais selon une source diplomatique, les rebelles pourraient avoir en fait intérêt à provoquer une escalade du conflit pour pousser Juba à intervenir.

Selon cette source, le bombardement de Kadougli a aussi montré que les rebelles étaient "capables de répandre la même terreur que le gouvernement".

Pour M. Lodi, cette critique est "injuste". "Tout le monde a les yeux rivés sur la Syrie. Quand nous voulons nous battre pour nos droits, il n'y a personne à nos côtés".

it/fc/vl

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