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Les rebelles contrôlent près de 5 km d'autoroute entre Alep et Damas (AFP)

11/10/2012 06:49 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens ont pris le contrôle d'une portion de près de 5 kilomètres de l'autoroute stratégique reliant Damas à Alep, à hauteur de Maaret al-Noomane, une ville déjà entre leurs mains, selon un journaliste de l'AFP sur place.

La ville stratégique de Maaret al-Noomane, aux abords de laquelle de violents combats se poursuivent, est un passage obligé pour les renforts de l'armée se rendant à Alep, théâtre d'une bataille cruciale depuis près de trois mois.

Des affrontements à l'arme lourde et l'arme automatique ont eu lieu toute la nuit dans le secteur de l'autoroute pris par les rebelles, en périphérie est de Maaret al-Noomane.

"L'armée a tenté d'en reprendre le contrôle, mais les militaires ont été repoussés", a déclaré à l'AFP un officier rebelle sur place, le colonel Akram Salé, qui a fait état de quatre rebelles tués dans la nuit.

De dures batailles se déroulent aux alentours de Maaret al-Noomane, une ville du nord du pays de près de 125.000 habitants conquise mardi par les rebelles, aujourd'hui quasiment désertée par sa population civile et bombardée en permanence.

Les insurgés étaient parvenus en 48 heures à prendre le contrôle de huit positions que l'armée loyaliste conservait dans l'est de la ville.

Les combats se déroulent désormais dans la périphérie est, où les forces de Bachar al-Assad conservent deux bases importantes, à Wadi Daif et Hamdieh, d'où elles bombardent la ville de roquettes et d'obus de mortier.

Wadi Daif, à 5 km de Maaret al-Noomane, est la plus grande base militaire de la région.

Les deux bases sont cernées par les rebelles qui affirment être en mesure de s'en emparer de façon imminente et avoir repoussé les renforts loyalistes envoyés depuis Idleb (nord-ouest) et Damas.

Jeudi, l'aviation du régime pilonnait trois positions à la périphérie est de Maaret al-Noomane: Maarchmarine, Maarchmecha et Deir Charqi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les avions bombardent ces régions où se déroulent des combats pour tenter de repousser les rebelles. Ils pilonnent puis se réapprovisionnent en bombes à partir de l'aéroport militaire de Hama", plus au sud, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Selon un responsable du Centre médias des rebelles dans la ville, Firaz Abdel Hadi, près de 300 personnes ont été tuées en trois jours à Maaret al-Noomane --55 civils, 46 rebelles et 190 soldats loyalistes.

D'après des sources concordantes, parmi ces victimes, figurent au moins 65 prisonniers exécutés quelques minutes avant la fuite des militaires gouvernementaux de deux des positions attaquées par les rebelles --une prison reconvertie en caserne et l'ancien centre culturel de la ville.

Dans ce centre culturel occupé par les renseignements militaires, les geôliers ont ouvert le feu à la kalachnikov sur environ 80 personnes détenues dans deux grandes pièces du sous-sol, a raconté à la presse l'un des rares survivants de la tuerie.

Jeudi, le sol des deux caves, où étaient détenus notamment des soldats soupçonnés de vouloir déserter et des sympathisants présumés de la révolution, était maculé de sang et de vêtements souillés, a constaté le journaliste de l'AFP.

Les rebelles ont installé leur quartier général dans le Musée de mosaïques anciennes de la ville, le plus grand de ce type au Moyen-Orient, qui était occupé jusque fin août par l'armée.

Le musée a été relativement épargné par les bombardements, même si certaines mosaïques et poteries, dont certaines datent de 2.000 à 3.000 avant Jésus-Christ, ont été endommagées, selon le reporter de l'AFP.

Les rebelles à l'intérieur ont affirmé protéger les collections.

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