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Le procureur général d'Égypte refuse d'être congédié par le président Morsi

11/10/2012 04:42 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

LE CAIRE, Égypte - Le procureur général d'Égypte a refusé de démissionner jeudi, après avoir été congédié par le président Mohammed Morsi dans une tentative d'apaiser la colère populaire après l'acquittement de 24 partisans de l'ancien président Moubarak accusés d'avoir organisé la meurtrière «attaque des dromadaires» contre les manifestants lors du soulèvement de l'an dernier sur la place Tahrir, au Caire.

L'agence de presse officielle égyptienne a cité jeudi le procureur général, Abdel-Maguid Mahmoud, qui a déclaré qu'il ne démissionnerait pas en signe de défiance face au président Morsi.

Le congédiement du procureur général dépasse les prérogatives du président. La loi égyptienne prévoit en effet que le procureur général ne peut être limogé par le président.

Le procureur général, critiqué pour avoir monté un dossier trop faible contre les 24 accusés de l'attaque des dromadaires, a été démis de ses fonctions par le président Morsi, qui l'a nommé ambassadeur d'Égypte au Vatican.

L'attaque des dromadaires, au cours de laquelle des hommes montés sur des dromadaires et des chevaux avaient chargé la foule, a été l'un des événements les plus violents du Printemps arabe en Égypte, qui a mis fin à 29 ans de règne autoritaire du président Hosni Moubarak en février 2011.

Les 24 hommes ont été déclarés innocents d'homicides involontaires et de tentatives de meurtre mercredi parce que les déclarations des témoins ont été jugés faibles et «dictées par des griefs attribuables à des divergences partisanes entre les témoins et les accusés», selon les explications du juge.

Le verdict a suscité des manifestations en Égypte. Plusieurs ont accusé le procureur général d'avoir délibérément présenté un dossier trop faible contre les accusés.

Parmi les accusés figuraient plusieurs personnalités de haut rang du régime Moubarak, dont l'ancien président du Parlement, le chef de l'ancien parti au pouvoir, des ministres et des hommes d'affaires. Un 25e accusé est mort au cours du procès.

L'attaque des dromadaires du 2 février 2011 a fait une dizaine de morts et marqué un tournant dans le soulèvement. La bataille avait duré deux jours, jusqu'au retrait des partisans du président Moubarak, galvanisant les jeunes manifestants et faisant basculer dans leur camp de nombreux Égyptiens choqués par la violence du régime.

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