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Le médiateur pour la Syrie en Arabie, bombardements dans le Nord et l'Est

11/10/2012 04:40 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Le médiateur international Lakhdar Brahimi a entamé en Arabie saoudite une nouvelle tournée régionale pour tenter de trouver une issue au conflit en Syrie, au lendemain du rejet par Damas d'un cessez-le-feu unilatéral réclamé par le chef de l'ONU.

Sur le terrain, l'aviation bombardait les derniers quartiers rebelles de Homs (centre) tandis que l'artillerie concentrait ses tirs sur Maaret al-Noomane, une ville stratégique --car située sur la route entre Damas et Alep-- contrôlée par les insurgés, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans le même temps, la tension entre Ankara et Damas, très vive depuis une semaine, a connu un nouveau regain, l'aviation turque ayant contraint mercredi un avion de ligne syrien, soupçonné de transporter des armes, à atterrir à Ankara pour y être fouillé.

Chargé par la Ligue arabe et l'ONU d'aider à trouver une issue au conflit en Syrie, Lakhdar Brahimi est arrivé mercredi à Jeddah, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, où le roi Abdallah et la plupart des responsables saoudiens se trouvent actuellement.

"M. Brahimi abordera l'ensemble des aspects du dossier syrien avec les responsables saoudiens", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Ahmed Fawzi.

Selon l'ONU, Jeddah est la "première étape de (la) deuxième tournée régionale" de M. Brahimi. M. Fawzi a précisé qu'il se rendrait "probablement au Caire" ultérieurement, sans autre précision.

M. Brahimi s'était rendu une première fois au Proche-Orient à la mi-septembre, notamment à Damas où il avait rencontré le président Bachar al-Assad. Il n'avait toutefois pu obtenir aucune concession de sa part.

Dans un entretien exclusif à l'AFP mardi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé que M. Brahimi "allait se rendre à Damas bientôt", évoquant la possibilité d'un déplacement la semaine prochaine si les consultations dans la région étaient productives.

Cette nouvelle offensive diplomatique survient alors que Damas a rejeté mercredi la demande de cessez-le-feu unilatéral de M. Ban, exigeant en préalable un arrêt des violences du côté rebelle.

"Nous avons dit à Ban Ki-moon d'envoyer des émissaires vers les Etats qui ont de l'influence sur les groupes armés pour que ces derniers mettent un terme à la violence", a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi.

Le cycle de violence ne faiblit pas sur le terrain, où pour la seule journée de mercredi, 198 personnes, dont 79 civils, ont péri, d'après l'OSDH.

Selon cette ONG, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins, plus de 32.000 personnes sont mortes à travers le pays depuis le début du soulèvement populaire contre le président Assad en mars 2011, selon l'OSDH.

Jeudi, la ville de Maaret al-Noomane, conquise mardi par les rebelles, était de nouveau bombardée par l'armée qui tient à en reprendre le contrôle, car la cité est un passage obligé pour les renforts qui doivent se rendre à Alep (nord), théâtre d'une bataille cruciale depuis près de trois mois.

Pour faire face à la contre-attaque gouvernementale, les rebelles utilisent des roquettes anti-chars et des bombes artisanales.

Dans le centre du pays, les quartiers rebelles de Homs et la localité insurgée de Qousseir étaient aussi la cible d'attaques, trois jours après que l'armée a annoncé qu'elle nettoyait les dernières poches de résistance.

L'armée est décidée à en finir avec ces deux villes, assiégées depuis des mois, afin de pouvoir concentrer ses forces sur le Nord et y reconquérir le terrain perdu.

Alors que la tension ne cesse de croître entre Ankara et Damas, l'aviation turque a contraint mercredi un avion de ligne syrien en provenance de Moscou, soupçonné de transporter des armes, à atterrir à Ankara pour y être fouillé.

"Il y a une cargaison illégale à bord de l'avion qui aurait dû être signalée" en conformité avec la réglementation de l'aviation civile, a dit le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, cité par l'agence de presse Anatolie. "Il y a des éléments à bord qu'on peut qualifier de douteux", a poursuivi le ministre sans donner de détails.

Mais, une source russe dans les services d'exportation d'armes a affirmé jeudi à l'agence Interfax que l'avion ne contenait "ni armes ni composants pour des armements à bord de l'appareil".

Le chef de l'armée turque a parallèlement menacé mercredi la Syrie d'une "réponse encore plus puissante" si elle continue ses tirs vers le territoire turc.

Depuis la mort le 3 octobre de cinq civils turcs dans le village d'Akçakale (sud-est) par des tirs syriens, l'armée turque répond coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc et dont l'armée syrienne est tenue pour responsable.

La Syrie a suspendu il y a une semaine ses importations d'énergie électrique en provenance de la Turquie, a annoncé jeudi le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz.

"La Syrie a arrêté ses achats d'électricité à la Turquie il y a une semaine", a déclaré M. Yildiz devant la presse, ajoutant que son pays était près à reprendre ses livraisons si son voisin le demandait.

bur-cco/sw

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