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L'avion syrien intercepté en Turquie transportait des munitions

11/10/2012 04:34 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

ISTANBUL - L'avion syrien en provenance de Moscou intercepté mercredi par l'armée turque transportait du matériel militaire et des munitions, a déclaré jeudi le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

«Il s'agissait de matériel et de munitions qui étaient envoyés par une agence russe (...) au ministère de la Défense syrien», a dit M. Erdogan devant la presse à Ankara. «Leur examen est en cours et le nécessaire sera fait», a-t-il ajouté.

La Syrie a dénoncé un «acte de piraterie» contre cet Airbus A320 en provenance de Moscou et à destination de Damas, contraint d'atterrir à Ankara mercredi soir.

D'après le quotidien turc «Yeni Safak», proche du gouvernement, dix conteneurs se trouvaient à bord de l'avion, dont certains renfermaient des récepteurs radio, des antennes et «des équipements qui seraient des éléments de missiles». Le journal ne cite pas ses sources.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a affirmé que l'appareil transportait des «éléments (...) qui ne sont pas légitimes sur des vols civils». Il a souligné que le gouvernement turc était dans son droit d'intercepter l'avion dans son espace aérien puisqu'il soupçonnait la présence de matériel militaire.

Un diplomate occidental à Ankara a déclaré à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat, que les autorités turques avaient découvert «du matériel militaire» dans l'A320.

Les 37 passagers et membres d'équipage de l'avion ont été autorisés à poursuivre leur voyage jusqu'à Damas après avoir été immobilisés plusieurs heures, mais sans leur cargaison. Le ministre syrien des Transports, Mohammad Ibrahim Saïd, a qualifié cette décision de «piraterie».

La tension entre Damas et Ankara est de plus en plus vive depuis la mort de cinq civils turcs tués par des obus syriens près de la frontière la semaine dernière.

L'ambassade de Russie à Ankara a protesté contre l'interception de l'avion et a demandé des explications à la Turquie. D'après l'agence de presse russe Itar-TASS, qui cite un responsable de l'ambassade de Moscou en Turquie, la cargaison «ne venait pas de Russie».

La Turquie «a menacé la sécurité et la vie des passagers, dont 17 citoyens russes», a déploré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Loukachevitch. Le gouvernement turc a refusé que des responsables du consulat de Russie et un médecin rencontrent les passagers, qui ont été retenus à l'extérieur de l'aéroport pendant huit heures sans nourriture ni explications.

En Syrie, les combats se sont poursuivis jeudi dans la province d'Idlib, dans le sud frontalier de la Turquie, où les rebelles tentent de consolider leur contrôle de la ville stratégique de Maaret al-Numan. Ils disent s'en être emparés mercredi.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a fait état de plus d'une dizaine de morts dans les affrontements, ainsi que de huit autres personnes tuées par des tireurs d'élite dans un autocar près de la ville côtière de Tartous. Selon l'agence de presse officielle SANA, il s'agissait de travailleurs syriens rentrant du Liban.

L'Observatoire et SANA ont également annoncé la mort du frère d'un député proche du régime dans la province de Daraa, dans le sud du pays. L'Observatoire a en outre déclaré que le fils d'un autre député avait été abattu dans la province d'Idlib.

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