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L'Arabie menace d'agir avec "fermeté" contre les sit-in pro-Qaïda

11/10/2012 11:17 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Les autorités saoudiennes ont menacé jeudi d'agir "avec fermeté" contre des sit-in organisés récemment dans le royaume, où les manifestations sont interdites, pour réclamer la libération de prisonniers, souvent des militants d'Al-Qaïda.

"Certains exploitent la question des personnes arrêtées ou condamnées pour des crimes de la minorité déviante (Al-Qaïda, ndlr) en organisant de petits rassemblements pour réclamer leur libération", a dénoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Les organisateurs de ces rassemblements "tournent des vidéos qu'ils utilisent sur certains médias et sur internet pour falsifier les faits et fomenter la discorde" dans le royaume, a-t-il ajouté.

Le ministère a appelé au respect des procédures judiciaires et a invité les Saoudiens à "ne pas participer aux rassemblement ou aux marches" de protestation, prévenant que les forces de sécurité agiraient "avec fermeté".

Parmi les personnes dont les protestataires réclament le libération, le ministère a cité Hila al-Qassir, surnommée "Madame Al-Qaïda", la première Saoudienne condamnée pour implication dans des activités terroristes (15 ans de prison), et Mohamed Ben Saleh al-Bajadi, condamné pour intelligence avec l'étranger (4 ans de prison).

En septembre, des dizaines de proches de détenus avaient réclamé leur libération lors d'un sit-in devant une prison de Tarfiya, à 400 km au nord de Ryad. Mardi, des dizaines de personnes ont tenu un bref rassemblement similaire devant le Haut conseil de justice à Ryad, selon des témoins.

Selon des militants des droits de l'Homme, les détenus ainsi défendus sont "des islamistes extrémistes".

Selon l'Association saoudienne pour les droits civiques et politiques (Acpra), 30.000 personnes seraient actuellement détenues dans le royaume pour des raisons politiques.

Entre 2003 et 2006, à la suite d'une vague d'attentats, les autorités saoudiennes ont livré un combat sans merci contre Al-Qaïda. En avril 2011, selon une source judiciaire, 5.080 personnes étaient en cours de jugement ou avaient été jugées devant une cour spéciale anti-terrorisme.

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