NOUVELLES

Lance Armstrong: la chute d'un champion hors normes et d'un héros américain

11/10/2012 06:57 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours de France après avoir vaincu un cancer des testicules, s'est imposé comme un héros américain, avant de voir son image ternie par les affaires de dopage qui sont sur le point de lui faire perdre toutes ses victoires.

L'Américain de 41 ans, accusé par l'Agence américaine antidopage (Usada) d'avoir monté avec l'équipe cycliste US Postal "le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport", s'était imposé de 1999 à 2005 comme le patron incontesté du peloton.

Volontaire, perfectionniste, exigeant, il est aujourd'hui plutôt dépeint par ses détracteurs comme un compétiteur sans scrupules n'hésitant pas à recourir à l'intimidation pour parvenir à ses fins.

Champion du monde en 1993 à Oslo à tout juste 22 ans, Armstrong s'est transformé dans sa lutte contre le cancer, qu'il a vaincu en 1997.

Après la lourde thérapie pour soigner la maladie qui avait entraîné des métastases (poumon, taches au cerveau), le Texan est devenu un autre homme, se consacrant uniquement au Tour de France, sur les conseils du Belge Johan Bruyneel devenu son directeur sportif, et lui aussi accusé de dopage par l'Usada.

Hégémonique en contre-la-montre, stupéfiant de puissance en montagne, il remporte sept fois l'épreuve de 1999 à 2005, un record.

Ses mystérieuses méthodes de préparation soulèvent des interrogations mais son aura ne cesse de grandir. L'Amérique raffole de son histoire. Les marques s'arrachent son image. Armstrong devient l'un des sportifs professionnels les mieux payés de son pays, et un ami du président de l'époque George W. Bush.

Séparé de son épouse Kristin, mère de ses trois premiers enfants, il fait la une de la presse people en raison de son idylle avec la chanteuse de rock Sheryl Crow.

Il aura deux autres enfants par la suite avec sa nouvelle compagne Anna Hansen.

Mais Outre-Atlantique, les soupçons s'accumulent après sa première retraite au soir de sa 7e victoire dans le Tour, en juillet 2005.

Un mois plus tard, le quotidien sportif français L'Equipe révèle que six échantillons d'urine d'Armstrong datant du Tour de France 1999 contenaient de l'EPO.

L'Américain nie tout dopage durant sa carrière, et il est impossible de réaliser d'autres tests sur les échantillons en question.

Armstrong reprend même la compétition de janvier 2009 à janvier 2011, finissant notamment 3e du Tour 2009, gagné par Alberto Contador, son coéquipier chez Astana.

Mais avec ce médiatique come-back, les accusations de dopage ressurgissent.

Son ancien coéquipier de 2001 à 2004, Floyd Landis, vainqueur du Tour 2006 et déchu après un contrôle positif à la testostérone, affirme notamment avoir vu Armstrong se doper "de multiples fois".

Une enquête fédérale est ouverte. A sa tête l'agent Jeff Novitzky, qui avait mené à bien l'affaire Balco, un scandale de dopage dans l'athlétisme à l'origine de la fin de carrière prématurée de l'Américain Tim Montgomery, ex-détenteur du record du monde du 100 m, et de l'incarcération pour parjure de Marion Jones, la star des JO de Sydney en 2000 (cinq médailles, dont trois d'or).

Plusieurs témoins sont entendus devant un grand jury réuni à huis clos, mais l'enquête est abandonnée en février dernier.

Quatre mois plus tard, l'Usada annonce cependant l'ouverture d'une procédure contre Armstrong, qui tente en vain un recours devant un tribunal avant de renoncer le 23 août à faire appel de ces accusations de dopage, dénonçant une procédure à charge.

Dans la foulée, l'agence antidopage annonce l'annulation de tous ses résultats depuis le 1er août 1998 et sa radiation à vie du cyclisme professionnel, qui restent à être confirmés par l'Union cycliste internationale (UCI).

Armstrong n'en a cure, et dit vouloir se consacrer à sa richissime fondation Livestrong contre le cancer.

jm-gf/pga/gv

PLUS:afp