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La Syrie accuse son voisin turc de "comportement hostile"

11/10/2012 07:58 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

La Syrie a accusé jeudi son voisin turc de comportement "hostile" et réclamé la restitution des "marchandises" confisquées lors de l'interception par Ankara d'un avion de ligne syrien au motif qu'il transportait une cargaison suspecte.

Damas n'a pas précisé le contenu de ces marchandises. La Turquie a parlé, sans plus de précisions, d'une cargaison "illégale" à bord de l'avion effectuant la liaison Moscou-Damas mercredi soir.

La Turquie a rompu avec le régime de Bachar al-Assad en raison de la répression de la révolte déclenchée en mars 2011 en Syrie. Ankara soutient les rebelles syriens et accueille sur son sol 100.000 réfugiés. Elle a renforcé sa présence militaire à la frontière avec la Syrie, notamment après des tirs syriens contre son territoire auxquels elle a riposté.

L'interception de l'appareil est un "comportement hostile et répréhensible" et "un signe supplémentaire de la politique hostile menée par le gouvernement de (Recep Tayyip) Erdogan qui abrite (les rebelles syriens) et bombarde le territoire syrien", ont indiqué les Affaires étrangères dans un communiqué à Damas.

Selon un responsable de la Syrian Air, des "membres de commandos, masqués et armés, ont fait irruption dans l'appareil et se sont conduits brutalement avec les membres d'équipage qu'ils ont fait descendre dans un van, où ils ont été maintenus pendant plus de neuf heures sans boire, ni manger".

"Le pilote et le co-pilote ont été aussi contraints de quitter l'appareil. Les Turcs ont fait pression sur eux pour qu'ils signent un document affirmant qu'ils avaient fait un atterrissage d'urgence en raison de problèmes techniques, ce qu'ils ont refusé de faire", a-t-il dit à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Le gouvernement syrien a réclamé aux autorités turques "la restitution intégrale et intacte (de ce qui a été saisi)", a ajouté le ministère syrien, en soulignant que les autorités turques avaient "inspecté l'avion, maltraité son équipage et gardé en captivité les passagers pendant de longues heures".

Le gouvernement russe, un allié du régime syrien, a exigé des explications d'Ankara après l'interception de l'avion de ligne qui transportait entre autres 17 passagers russes.

Le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté les accusations de Damas et de Moscou sur une mise en danger des passagers.

Selon la directrice de la compagnie Syrian Air, Aida Abdel Latif, des "appareils militaires turcs (...) ont obligé l'avion à atterrir sans que le pilote ait été prévenu à l'avance. Un accident aurait pu se produire tellement les avions militaires étaient proches".

Ankara a indiqué en revanche que l'appareil avait été informé qu'il serait contrôlé "alors qu'il survolait la mer Noire, de façon à lui donner une possibilité de faire demi-tour". L'Airbus A-320 a été escorté par deux avions F4 turcs et forcé à atterrir pour des contrôles de sécurité.

D'après l'agence officielle syrienne Sana, l'avion a finalement atterri à Damas jeudi à 05H10 (02H10 GMT).

Une source dans les services d'exportation d'armes russes a affirmé qu'il n'y avait "ni armes ni composants pour des armements à bord de l'appareil".

Moscou est critiquée par ses alliés occidentaux et la Turquie qui lui demandent de cesser de livrer des armements à la Syrie, l'un de ses principaux clients dans le domaine militaire, en dépit de l'aggravation du conflit.

ram-sk/tp

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