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La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, s'en prend à des pharmaciens

11/10/2012 06:36 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - Habituellement placide, la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, ne mâche pas ses mots pour critiquer les pharmaciens qui auraient floué le programme de prestation de soins de santé des Autochtones.

«Il faut modifier le comportement de ces pharmaciens qui ont volé l'argent des contribuables, a-t-elle lancé lors d'un entretien téléphonique. C'est très fâchant et je suis très déçue par ces professionnels et ces pharmaciens qui ont volontairement fraudé un programme destiné aux Autochtones canadiens.»

Le programme fédéral de Services de santé non assurés (SSNA) couvre des produits et services qui ne sont pas assurés autrement, afin d'aider les Canadiens des Premières nations et les Inuits à aspirer à un état de santé comparable à celui des autres Canadiens.

Mais des allégations d'irrégularités ont surgi récemment, à la suite d'une enquête menée depuis des mois par La Presse Canadienne. Au nombre de ces allégations, citons:

— les employés d'un poste de soins infirmiers éloigné du nord de l'Ontario auraient autorisé des vols médicaux coûteux pour aller faire l'épicerie;

— un pharmacien du Manitoba a accepté de rembourser des milliers de dollars au gouvernement fédéral après une affaire présumée de surfacturation;

— un centre de santé autochtone du Nouveau-Brunswick aurait utilisé de façon irrégulière un demi-million de dollars en financement fédéral;

— un autre pharmacien du Manitoba et son ancienne pharmacie font l'objet d'une poursuite de plusieurs millions de dollars du gouvernement fédéral après avoir supposément fraudé le programme de SSNA;

— des pharmacies de Nouvelle-Écosse et de Saskatchewan auraient présenté des réclamations frauduleuses au programme fédéral;

— une ancienne lunetterie de l'Ontario aurait enfreint les règles du programme, notamment en inscrivant le nom d'un appareil comme «médecin prescripteur» sur certains formulaires de remboursements.

La Gendarmerie royale du Canada a été contactée à au moins quatre reprises, et l'Agence du revenu du Canada est impliquée dans un autre dossier.

Le gouvernement fédéral a intenté des poursuites contre certaines pharmacies, alléguant qu'elles ont soumis de fausses réclamations dans le cadre du programme. Aucune des allégations n'a cependant encore été prouvée en cour. La ministre de la Santé les juge néanmoins troublantes.

«C'est très troublant (...) de devoir faire affaire avec des professionnels qui fraudent notre système, a déploré Mme Aglukkaq. C'est tout simplement malhonnête.»

Elle a toutefois souligné que ces allégations ont démontré à Santé Canada qu'une supervision accrue est nécessaire. «Il me semble évident que le système fonctionne, a-t-elle dit. Quand il y a des preuves de fraude ou de malversations, nous agissons. Nous récupérons l'argent. Nous référons le tout à la GRC pour fins d'enquête.»

La ministre ajoute avoir prévenu ses homologues des provinces et territoires. «Je leur ai transmis le message qu'ils doivent être très au fait de ce qui se produit dans leur champ de compétence, et j'ai mis en lumière certaines questions plus problématiques. Ils offrent eux-mêmes des soins de santé, donc je leur ai clairement indiqué que c'est un problème auquel nous sommes confrontés.»

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