NOUVELLES

Iran: chute de la production automobile de 42% ces six derniers mois

11/10/2012 04:27 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

La production automobile de l'Iran, victime de sanctions économiques occidentales, a baissé de 42% au cours des six derniers mois, selon des statistiques du ministère de l'Industrie citées jeudi par l'agence Isna.

La production est tombée à quelque 459.440 véhicules au premier semestre de l'année iranienne (21 mars au 21 septembre), contre 792.286 durant la même période de l'année précédente, selon ces chiffres.

La chute de la production s'est accélérée au dernier mois du semestre (21 août-20 septembre), avec une baisse de 66% par rapport au même mois de l'année précédente, selon la même source.

Isna ne donne aucune explication pour cet effondrement de la production automobile de l'Iran, premier constructeur du Moyen-Orient avec plus de 1,5 millions de véhicules produits l'an dernier (2011/2012).

Il coïncide toutefois avec un renforcement des sanctions économiques occidentales contre l'Iran depuis le début de l'année, et notamment avec l'arrêt de l'envoi à l'Iran de pièces détachées par le constructeur français Peugeot.

Peugeot est partenaire du principal constructeur automobile iranien Iran Khodro, qui fabrique localement des 405 et 206 en intégrant toutefois encore 5 à 10% de pièces importées de France. Ces deux modèles représentent environ 40% de la production iranienne de voitures particulières.

Le constructeur français a annoncé en février l'arrêt de l'envoi de pièces détachées en Iran et a rapatrié la plupart de son personnel, en invoquant les difficultés créées par l'embargo bancaire occidental qui a compliqué les échanges commerciaux et provoqué une pénurie de devises.

Cette pénurie s'est fortement aggravée ces derniers mois, provoquant une instabilité monétaire qui a probablement accru les difficultés des constructeurs, estiment des experts à Téhéran.

L'Association des constructeurs automobiles iraniens avait expliqué en juillet la baisse de la production par "une crise de liquidités".

Citant des responsables du secteur, le quotidien économique Donaye Eghtesad avait alors estimé que cette baisse "sans précédent depuis 20 ans" risquait de mettre en difficulté tout le secteur automobile, et notamment les sous-traitants, avec fermetures d'usines et licenciements à la clef.

Le secteur automobile génère près de 500.000 emplois directs et indirects en Iran, selon les estimations officielles.

lma/feb

PLUS:afp