Plusieurs films prennent l'affiche ce vendredi au Québec, dont le documentaire Alphée des étoiles, d'Hugo Latulippe, et l'oeuvre de science-fiction Mars et Avril, avec Caroline Dhavernas, Jacques Languirand et Robert Lepage.

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  • Alphée des étoiles

    Canada. 2012. 82 min. Documentaire de Hugo Latulippe. Alphée, cinq ans, fille du cinéaste Hugo Latulippe et de l'activiste altermondialiste Laure Waridel, est atteinte du syndrome de Smith-Lemli-Optiz, une maladie génétique extrêmement rare qui empêche son plein développement neurologique et musculaire. Hostiles à l'idée de la placer dans une école spécialisée, ses parents font au contraire le pari de l'exil en famille, dans un petit village des Alpes Suisses, où ils s'établissent pendant un an, en compagnie d'Alphée et de son frère aîné Colin. Profitant du charme bucolique des prés et montagnes avoisinants, le couple parvient à créer une bulle familiale à l'intérieur de laquelle Alphée apprend à évoluer à son rythme, sans pression ni jugement. Rompu au documentaire engagé (BACON, LE FILM), Hugo Latulippe tourne sa caméra vers la sphère intérieure à travers une lettre d'amour à sa fille qui frôle l'angélisme mais séduit par la profondeur du lien filial mis en scène. Certains passages touchants, ainsi que la beauté du paysage alpin, font oublier les redites et la narration poétique un brin artificielle.

  • Mars et Avril

    Canada. 2012. 91 min. Science-fiction de Martin Villeneuve avec Jacques Languirand, Caroline Dhavernas, Paul Ahmarani, Robert Lepage, Stéphane Demers, Jean Marchand. Montréal, dans le futur. Marchant sur les traces de son père Eugene Sparks, Arthur fabrique des instruments à vent aux formes féminines, qui font la gloire du prodige de la musique Jacob Obus. Un soir, il tombe amoureux d'Avril, une photographe asthmatique et énigmatique apparue dans le bar où se produit Jacob et son groupe. Mais leur idylle est compromise par la rencontre entre Avril et le vénéré musicien qui, malgré son âge canonique, n'a jamais connu l'amour. Tandis que dans l'espace un premier convoi humain se dirige vers Mars depuis la Lune, le triangle amoureux formé sur Terre devient le miroir puis l'enjeu de cette conquête. Martin Villeneuve, qui adapte ici son photo-roman, nous transporte dans un futur réinventé inspiré du Montréal futuriste tel qu'il a été rêvé dans les années 1960. Si les fils du récit s'emmêlent ici et là, le film fascine par la puissance et la richesse de son univers. La distribution ne ménage aucun effort pour enrichir ce film atypique, produit à l'arraché.

  • Argo

    États-Unis. 2012. 120 min. Thriller de Ben Affleck avec Ben Affleck, Bryan Cranston, John Goodman, Alan Arkin, Victor Garber, Chris Messina, Clea DuVall. Téhéran, le 4 novembre 1979. La révolution islamiste est en marche. Une foule d'étudiants en colère contre l'Occident assiège l'ambassade américaine, tandis qu'à l'intérieur les employés détruisent les dossiers. Parvenant à s'échapper, six d'entre eux trouvent refuge dans la résidence privée de l'ambassadeur canadien Ken Taylor. Les semaines passent et Washington, qui n'arrive pas à échafauder un plan pour les tirer de là, fait appel à Tony Mendez, un spécialiste des prises d'otage. Mais celle-ci, particulièrement risquée au plan diplomatique, exige une opération discrète. L'idée lui vient de forger de toutes pièces un projet de film de science-fiction canadien réclamant un tournage dans un site "exotique" tel que Téhéran et ses environs. Aidé par un maquilleur et un producteur américain, Mendez met en place le subterfuge, ne négligeant aucun détail, avant de débarquer seul à Téhéran. Son but premier: convaincre les autorités de la légitimité de son projet. Ensuite, persuader ses six compatriotes munis de faux passeports de se faire passer pour les membres de son équipe technique. Ben Affleck, derrière et devant la caméra, reconstitue avec un bon sens du récit et du tempo un épisode fascinant de l'histoire contemporaine. Si l'enjeu politique, encore très actuel, a été simplifié au nom de l'efficacité narrative, ARGO se distingue en revanche par son climat digne d'un thriller de l'époque. La distribution est en outre impeccable.

  • L'amour dure trois ans

    France. 2011. 98 min. Comédie sentimentale de Frédéric Beigbeder avec Gaspard Proust, Louise Bourgoin, JoeyStarr, Jonathan Lambert, Frédérique Bel, Nicolas Bedos, Valérie Lemercier. Amer au lendemain de son divorce, Marc, un chroniqueur littéraire parisien, se venge par l'écriture d'un roman autobiographique aux accents misogynes intitulé "L'Amour dure trois ans", qu'il publie sous un pseudonyme. Lors des funérailles de sa grand-mère, il fait la connaissance d'Alice, la conjointe de son cousin. Sous le charme de cette photographe ravissante et enjouée, Marc s'efforce de la conquérir, tout en lui dissimulant qu'il est l'auteur du livre controversé dont tout le monde parle. Autobiographique, truffé de références au milieu littéraire et médiatique parisien, ce premier long métrage de l'écrivain Frédéric Beigbeder ("99 Francs"), décliné sur le mode de la comédie sentimentale à l'américaine, se distingue par son humour caustique, sa réalisation pleine d'entrain, ainsi que par le charmant tandem formé de Gaspard Proust et Louise Bourgoin.

  • Antiviral

    Canada. 2012. 108 min. Science-fiction de Brandon Cronenberg avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcolm McDowell, Douglas Smith, Joe Pingue, Nicholas Campbell. Syd travaille pour une clinique sophistiquée qui injecte des virus prélevés sur des personnalités célèbres à des fans désireux de développer la même affliction que leur idole. À l'insu de ses patrons, qui emploient des mesures de sécurité draconiennes et protègent la marchandise de la concurrence en la brevetant, le jeune rouquin solitaire s'injecte parfois certains des échantillons les plus convoités afin de les revendre, sur le marché noir, par l'intermédiaire d'un boucher spécialisé dans le trafic de chair clonée. Envoyé par son patron au chevet de Hannah Geist, une star atteinte d'une maladie mystérieuse, Syd s'injecte une dose avec l'intention d'en tirer un bon profit. Mais la maladie inconnue est également imprévisible. Avant qu'il n'ait eu le temps de trafiquer son sang contaminé au moyen d'une machine dissimulée dans le placard de son appartement, elle s'empare de lui. Ce premier film du fils de David Cronenberg réplique motifs et effets de style des premiers opus du père. Avec pour résultat un exercice maniéré et sans identité visible sur l'obsession de la célébrité, dans lequel les personnages, exception faite de celui de Caleb Landry Jones, constituent des éléments de décor, et où la direction artistique tient lieu de mise en scène.

  • Sinistre

    États-Unis. 2012. 110 min. Drame d'horreur de Scott Derrickson avec Ethan Hawke, Juliet Rylance, Fred Dalton Thompson, James Ransone, Michael Hall D'Addario, Clare Foley. Dans la maison où il vient d'emménager avec sa famille, un auteur de romans policiers découvre des bandes vidéo montrant le massacre des précédents résidents par ce qui semble être une entité surnaturelle.

  • Seven Psychopaths

    Grande-Bretagne. 2012. 111 min. Comédie de Martin McDonagh avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Christopher Walken, Woody Harrelson, Abbie Cornish, Tom Waits, Olga Kurylenko. Incapable de terminer son dernier scénario intitulé "Sept psychopathes", Marty, un Irlandais alcoolique installé à Hollywood, est mis à la porte par sa copine. Il échoit sur le divan de son meilleur ami Billy, un acteur raté doublé d'un kidnappeur de chiens. Lorsque Billy et son complice Hans enlèvent le bien-aimé shih tzu d'un dangereux gangster, celui-ci flaire rapidement leur piste, les forçant à prendre la fuite dans le désert. Entraîné malgré lui dans la cavale, Marty profite de l'occasion pour se sortir de son impasse créatrice en demandant leur aide à Billy et Hans. Leurs histoires respectives en viennent à nourrir son scénario, lequel finit par ressembler à la réalité de manière aussi troublante que cocasse. Campée à Hollywood, l'intrigue folichonne concoctée par Martin McDonagh (IN BRUGES) joue à fond la carte de l'intertextualité et de la mise en abyme. La réalisation vive et colorée compense pour un certain manque de cohésion tandis que l'interprétation jouissive emporte l'adhésion.

  • Searching for Sugar Man

    Grande-Bretagne. 2011. 86 min. Documentaire de Malik Bendjelloul. En 1968, deux producteurs de disques, Dennis Coffey et Mike Theodore, repèrent dans un bar miteux de Detroit un jeune chanteur engagé d'origine mexicaine, Rodriguez. Enthousiasmés, ils produisent son premier album, "Cold Fact". Mais à sa sortie en 1970, il ne connaît pas le succès escompté. Malgré tout, l'année suivante, celui que les amateurs comparent à Bob Dylan fait paraître un second disque, "Coming from Reality". Mais l'histoire se répète et Rodriguez sombre dans l'oubli. Sauf en Afrique du Sud, où il n'a jamais mis les pieds, mais où ses chansons, bannies par le gouvernement, sont devenues emblématiques de la révolte des jeunes Blancs progressistes contre le système de l'Apartheid. Véritable héros de la contre-culture là-bas, il accède même au statut de légende lorsqu'une rumeur laisse entendre qu'il se serait enlevé la vie. Rodriguez, ouvrier de la construction, est pourtant bien vivant. Prenant la forme d'une enquête richement documentée au suspense prenant, centrée sur un individu qui reste l'incarnation-même de l'artiste maudit, SEARCHING FOR SUGAR MAN pèche toutefois par une mise en scène esthétisante, ainsi que par une finale forçant la note de l'émotion.

  • The Imposter

    Grande-Bretagne. 2012. 99 min. Docu-fiction de Bart Layton avec Frédéric Bourdin, Carey Gibson, Beverly Dollarhide, Charlie Parker, Nancy Fisher, Adam O'Brian, Anna Ruben, Cathy Dresbach. 1997, le Sud de l'Espagne. Recueilli par des policiers qui n'ont trouvé aucune pièce d'identité sur lui, Frédéric Bourdin, un Franco-Algérien de 23 ans, décide de se faire passer pour Nicholas Barclay, l'adolescent disparu d'une famille de San Antonio au Texas. Découvrant sur l'avis de recherche que ce dernier est blond aux yeux bleus, Bourdin teint ses cheveux et invente un astucieux mensonge sur de prétendus sévices et tortures pour justifier ses yeux bruns. Il parvient ainsi à duper Carey Gibson, la grande soeur de Nicholas, venue le chercher en Europe. Accueilli dans la famille Barclay, Bourdin adopte le comportement d'un adolescent normal, trompant sans difficultés le personnel et les élèves de sa nouvelle école secondaire. Mais Charlie Parker, un détective privé qui en a vu d'autres, flaire l'imposture et s'empresse d'alerter les autorités. Une agente du FBI ouvre alors une enquête, qui la mène aux mêmes conclusions. Or, malgré ces révélations, Carey et sa mère Beverly continuent d'affirmer que le jeune homme au fort accent français est bel et bien Nicholas. Ce récit d'une mystification éhontée par un menteur pathologique au sein d'une famille pas très nette est raconté à la manière d'un thriller policier, avec d'efficaces reconstitutions avec acteurs. Malgré certains effets appuyés, THE IMPOSTER fascine et dérange, davantage que LE CAMÉLÉON, le film de Jean-Paul Salomé avec Marc-André Grondin, inspiré du même sujet.

  • Ça va faire boom

    États-Unis. 2012. 105 min. Comédie de Frank Coraci avec Kevin James, Salma Hayek, Henry Winkler, Greg Germann, Gary Valentine, Joe Rogan. Jadis un enseignant passionné, le Bostonien Scott Voss a perdu tout intérêt pour son métier à force de se coltiner des élèves indifférents et une commission scolaire engoncée dans la bureaucratie. Lorsque son directeur annonce que des nouvelles coupures l'obligent à annuler toutes les activités parascolaires et à fermer le département de musique dirigé par son ami, Voss s'engage sur le sentier de la guerre. Sur les conseils d'un de ses étudiants, il décide d'amasser les quarante huit mille dollars nécessaires au maintien du département en participant à des combats d'arts martiaux mixtes. Bien qu'il subisse de bonnes raclées, Voss retrouve chemin faisant sa forme physique et surtout, sa passion pour son métier. Bella Flores, la séduisante infirmière de son école, n'est pas insensible à cette transformation. Cette production générique recourt à une formule connue et au recyclage d'idées, en plus de privilégier un mélange pour le moins curieux et peu convaincant de bons sentiments, d'humour potache et de violence crue. La réalisation de métier n'impressionne pas, mais Kevin James (HITCH) est attachant dans le rôle principal.