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Cellule jihadiste en France: un groupe «très dangereux», selon le procureur

11/10/2012 04:26 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

PARIS - Sept membres présumés d'une cellule jihadiste française devaient être mis en accusation jeudi par le pôle antiterroriste du tribunal de Paris, ont indiqué des sources judiciaires.

Cette cellule est «probablement le groupe terroriste (...) le plus dangereux mis au jour depuis 1996 en France», a déclaré le procureur de la République à Paris, François Molins.

Ces sept personnes, âgées de 19 à 25 ans, devaient être accusées d'«association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» dont l'objectif était de «recruter et envoyer des individus faire le jihad, notamment en Syrie», a dit le procureur.

Six d'entre elles devraient également être accusées d'«association de malfaiteurs en relation avec une entreprise en vue de préparer des actes de destruction par explosif pouvant entraîner la mort».

Enfin, deux autres devraient être accusées de «tentative d'assassinat en raison de l'appartenance des victimes à une religion, le tout en lien avec une entreprise terroriste». Cette accusation est liée à l'attentat à la grenade contre une épicerie cacher de Sarcelles le 19 septembre, qui a fait un blessé.

Ce jour-là, «l'intention était bien de tuer», a assuré M. Molins. Jérémy Bailly, utilisateur d'un entrepôt où a été retrouvé du matériel pour fabriquer une bombe et des armes à Torcy, à l'est de Paris, est au coeur de cette enquête. C'est à son domicile qu'a été retrouvée une liste manuscrite d'une dizaine d'associations juives.

«En terme de dangerosité et de préparatifs, notamment au regard de tous les éléments qui devaient rentrer dans la composition de cet engin explosif improvisé, on n'avait pas d'exemple (...) de ce type depuis 1996», a dit le procureur. Il a estimé que les éléments retrouvés à Torcy ressemblaient «exactement» à ceux utilisés lors des attentats commis en France en 1995 par des militants algériens.

Les enquêteurs ont découvert à Torcy «trois kilos de nitrate de potassium, une bouteille contenant de la cire de bougie, un sac de charbon de bois, un kilo et demi de soufre, deux réveils, cinq mètres de câbles électriques, des piles, une cocotte-minute et cinq ampoules de phare», a énuméré M. Molins.

«Au regard de la quantité de nitrate de potassium retrouvée (...), considérée comme importante par les experts», l'utilisation de cet engin placé dans une cocotte-minute «aurait à l'évidence eu des effets conséquents, en particulier s'ils venaient à être mis en action dans une enceinte fermée», a déclaré le procureur.

Les auteurs du jet de grenade «ne sont toujours pas identifiés et je ne peux vous dire aujourd'hui s'ils figurent parmi les personnes qui ont été déférées au parquet», a-t-il ajouté.

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