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«Catimini» de Nathalie St-Pierre : le seul film québécois en lice pour la Louve d'or (PHOTOS)

11/10/2012 06:46 EDT | Actualisé 12/10/2012 06:06 EDT
Axia Films

«Catimini», c’est entrer dans un univers où les enfants sont trimbalés d’une famille d’accueil à une autre et d’un centre jeunesse à un autre encore. C’est voir à travers leur regard l’incongruité de ce qui forme leur existence. Ce sont des vies remplies de solitudes et de grandes déchirures. «Catimini», c’est un film bouleversant pour ses non-dits, ses rêves brisés et ses silences.

Deuxième long métrage de la réalisatrice Nathalie St-Pierre, «Catimini» peut se vanter d’être le seul film québécois en lice pour La Louve d’or du 41e Festival du Nouveau Cinéma.

«Je suis très contente», affirme Nathalie St-Pierre qui a déjà présenté son long-métrage en France et en Belgique. «Nous avons eu de bonnes réactions de l’autre côté de l’Atlantique alors j’ai hâte de voir l’accueil qu’on nous réserve ici, à la maison. C’est aussi très chouette que l’équipe du FNC reconnaisse le travail cinématographique du film», ajoute-t-elle visiblement emballée.

Ce sujet, poignant s’il en est un, lui est venu au hasard de la vie. «La vie a fait en sorte que ce sujet s’impose à moi. J’ai connu de ces enfants, il y en avait autour de moi. Tout d’abord à l’école, lorsque ces enfants qui détonnaient nous quittaient soudainement au cours de l’année scolaire, pour on se savait trop où», se souvient-elle. «Une série de hasards a fait que j’ai vu de ces lieux dépeints dans mon film, que j’ai côtoyé de ces jeunes. J’avais envie de montrer cette réalité concrètement, car, on la connait, mais elle reste souvent abstraite.»

Mais ce n’est pas par hasard si plusieurs histoires - de jeunes de tous âges – sont présentées dans le film de Nathalie St-Pierre. «Tout le monde vibre évidemment au drame de la toute petite, mais c’était aussi important pour moi de montrer la vie des filles de 16 et de 18 ans, qu’on ne trouve plus forcément cutes», explique la réalisatrice.

«Lorsque l’on sait que près de 10 000 jeunes vivent la ronde des foyers et des centres d’accueil au Québec, je trouvais important qu’on s’y attarde, que l’on donne un visage aux statistiques», ajoute-t-elle.

Après avoir vu «Catimini», on ne peut faire autrement que se poser la question : les jeunes de cette histoire sont-ils de véritables filles vivant en familles ou en centres d’accueil?

«Non, pas du tout, mais cela me fait toujours plaisir lorsqu’on me pose la question. Cela veut dire que nous avons atteint notre but, que le film est réaliste et que les petites comédiennes ont bien fait leur travail. J’ai choisi des enfants heureux, qui ont de bons parents pour jouer dans le film. Mon plus grand souci était de ne pas traumatiser les enfants», assure-t-elle.

Avec «Catimini», Nathalie St-Pierre a voulu permettre aux gens de s’arrêter et de regarder ces enfants. Sans jugement et sans vouloir faire morale.

Celle qui affirme que «son but est de faire des films dont elle peut être fière» peut dormir tranquille, car, c’est exactement ce qu’elle a réussi à faire en nous offrant «Catimini».

«Catimini» de Nathalie St-Pierre sera présenté le vendredi 12 octobre à 20h et le mercredi 17 octobre à 16h50 à l’Excentris dans le cadre du Festival du Nouveau Cinéma. Le film sortira officiellement en janvier prochain sur les écrans du Québec.

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