NOUVELLES

Après avoir enduré son mal pendant un an, Martine Dugrenier se fera opérer

11/10/2012 03:56 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

MONTRÉAL - Après avoir enduré son mal pendant plus d'un an, la lutteuse Martine Dugrenier prendra enfin le temps qu'il faut pour se faire opérer à l'épaule.

L'intervention chirurgicale aura lieu le 1er novembre et nécessitera un temps de récupération de trois à six mois. On procédera alors à un nettoyage de l'articulation, a expliqué Dugrenier, jeudi, lors d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

Dugrenier a commencé à souffrir un peu avant les Championnats du monde tenus à l'automne 2011, au cours desquels le titre mondial lui a échappé pour la première fois en quatre ans. Ce n'est toutefois qu'après ces Mondiaux que l'athlète de 33 ans a réalisé que son malaise — l'amplitude de son épaule diminuait de plus en plus —nécessiterait un suivi plus étroit.

Elle a toutefois renoncé à l'idée de se faire opérer puisqu'elle devait passer par des étapes de qualification olympique en décembre 2011, puis en mars 2012, en vue des Jeux de Londres. Elle n'a donc jamais profité d'une fenêtre de temps qui lui aurait permis de subir l'opération sans rater une compétition cruciale.

«Ç'aurait été impossible pour moi de récupérer et de revenir en bonne forme à temps, il aurait fallu que j'oublie les Jeux olympiques, a-t-elle souligné. J'ai fait ce qu'il y avait de mieux à faire dans les circonstances. Si j'avais subi l'opération, j'aurais dû vivre avec le doute de ce que j'aurais pu réussir aux Jeux de Londres en dépit de ma blessure. Et je tenais à vivre les Jeux une autre fois.

«Puisque j'ai réussi à faire assez bien pour me qualifier, je me suis dit que ça irait bien aux Jeux olympiques si on parvenait à bien planifier les choses, même si je n'étais pas à 100 pour cent, a ajouté Dugrenier, qui a tenu à garder secrète la nature de sa blessure jusqu'ici pour éviter que ses adversaires n'exploitent la situation. Et si j'ai pu m'y rendre (à Londres), c'est grâce à la merveilleuse équipe (médicale) qu'il y avait autour de moi. Ils m'ont aidée à être au maximum pour chaque phase de qualification et à arriver le mieux préparée possible aux Jeux.»

Ce n'est que plus tard qu'un médecin a découvert qu'elle avait peut-être subi une micro-fracture qui n'a jamais été détectée.

«La seule façon que j'aurais pu éviter tout ça, c'est si on avait fait des examens plus poussés dès le début. Mais à l'époque, ça n'aurait pas été logique de faire des examens du genre», a indiqué Dugrenier.

La lutteuse québécoise a terminé cinquième aux JO de Londres, au mois d'août dernier, un résultat identique à celui qu'elle avait obtenu quatre ans plus tôt à Pékin. Elle a ensuite renoncé à disputer les Championnats du monde qui ont été récemment eu lieu à Edmonton.

La lutteuse québécoise estime toutefois que son résultat, en-deçà de ses attentes, n'est pas directement attribuable à son état de santé.

«Ce n'est pas la blessure qui m'a fait perdre mon match à la dernière seconde contre la Japonaise», a rappelé Dugrenier, qui avait à l'époque attribué sa défaite au premier tour contre Kaori Icho à un moment d'inattention. Elle a accordé le point décisif pendant qu'elle consultait le chronomètre.

Icho a ensuite remporté l'or olympique pour la troisième fois d'affilée.

«La difficulté, c'était plutôt le fait que je n'ai pas pu m'entraîner à 100 pour cent durant l'année, a indiqué Dugrenier. Je devais avoir une approche stratégique et baisser d'intensité à certains moments, afin d'être en meilleure forme possible avant mes compétitions.

«Les blessures arrivent à tous les athlètes. Mais ce qui est davantage frustrant, c'est de savoir qu'après trois excellentes années, je me suis retrouvée en moins bonne forme au moment où l'année olympique commençait.»

La suite de sa carrière dépendra du résultat de l'opération, a indiqué Dugrenier. À moins que la chirurgie ne soit un succès complet, elle risque de songer à la retraite.

«Si le médecin me dit que je vais devoir m'accommoder de certaines choses, je vais peut-être y penser deux fois. Mais si la réadaptation va super bien, je vais peut-être pouvoir revenir, a-t-elle indiqué. Ça va dépendre aussi de ma volonté à refaire les sacrifices qu'il faut.»

PLUS:pc