NOUVELLES

Amnesty: les expulsions forcées se multiplient en Chine

11/10/2012 02:17 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

BEIJING, China - PEKIN (Sipa) — Le nombre de personnes expulsées de force de leur domicile ou de leur terre a significativement augmenté en Chine, devenant la cause principale de contestation publique qui menace la stabilité sociale et politique du pays, affirme jeudi Amnesty International.

Si les démolitions forcées ont toujours fait partie de la vie chinoise, la croissance a été soutenue par le développement immobilier, qui a entraîné le déplacement de millions de personnes pour laisser place à des usines ou des centres d'affaires.

Mais les expulsions se sont accélérées ces trois dernières années avec l'intensification de la construction dans tout le pays, souligne Amnesty International dans son rapport, qui cite des défenseurs des droits au logement chinois, des avocats et des universitaires.

Sur les 41 expulsions forcées étudiées par l'organisation de défense des droits de l'homme, neuf cas ont entraîné la mort de personnes qui refusaient ou résistaient à l'expulsion. Amnesty cite le cas d'une septuagénaire enterrée vivant par une excavatrice alors qu'elle tentait d'empêcher des ouvriers de détruire sa maison à Wuhan, dans la province de Hubei (centre).

Dans un autre cas, la police de Wenchang (province du Sichuan) a enlevé un bébé et a refusé de le rendre à sa mère tant qu'elle n'aurait pas signé l'ordre d'expulsion.

Certaines personnes qui ont résisté ont été envoyées en prison ou en camp de travail. Amnesty cite le terrible exemple d'une femme de Hexia, dans la province Jiangxi (sud-est), qui avait fait circuler une pétition contre les autorités, a été battue et a subi une stérilisation forcée.

Certains habitants se sont immolés par le feu, d'après ce rapport d'Amnesty, qui a recensé 41 cas d'auto-immolations entre janvier 2009 et janvier 2012.

Amnesty International a lancé un appel aux autorités chinoises pour qu'elles cessent toutes les expulsions forcées, s'assurent que personne ne se retrouve à la rue, poursuivent et sanctionnent les responsables de violences au cours de ces procédures.

"Le problème des expulsions forcées représente la source principale du mécontentement populaire en Chine et une menace sérieuse pour la stabilité sociale et politique" du pays, conclut le rapport.

Lors de son point presse quotidien, le ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé qu'Amnesty "a toujours eu des préjugés défavorables contre la Chine", a déclaré le porte-parole Hong Lei. Et d'ajouter que ce "rapport n'a aucune crédibilité".

M. Hong a tenu d'autre part a assuré que "les droits des propriétaires qui sont saisis sont protégés par la loi".

ljg/AP-v182

PLUS:pc