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Affaire Armstrong: poursuites au pénal contre l'ex-cycliste "improbables" (expert)

11/10/2012 03:28 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Des poursuites au pénal contre l'ex-cycliste américain Lance Armstrong, accusé d'avoir participé à un programme de dopage ultra-sophistiqué, seraient très "inhabituelles" mais elles ne sont "pas impossibles", a déclaré jeudi à l'AFP un expert du droit du sport.

Le rapport de l'Agence américaine antidopage (Usada) rendu mercredi et concluant à un dopage systématique de la part de Lance Armstrong et de son équipe, l'US Postal, pourrait entraîner la réouverture d'une enquête menée de 2010 à début 2012 par la justice fédérale américaine.

"Ce serait inhabituel, c'est improbable, mais pas impossible" de rouvrir l'enquête, a estimé Michael McCann, directeur de l'Institut du droit du sport à l'Université américaine du Vermont.

"Un grand jury a enquêté pendant deux ans et il (Armstrong) n'a pas été inculpé, ce qui est inhabituel", a déclaré M. McCann. Selon ce professeur de droit, "dans 90% des cas, quand les procureurs convoquent un grand jury, il y a inculpation, or dans ce cas, il n'y en pas eu".

"S'il y a de nouvelles preuves indiquant qu'Armstrong a menti sous serment, alors les procureurs peuvent envisager la possibilité de retourner devant un grand jury pour le poursuivre pour parjure. Mais habituellement, il n'y a pas de second grand jury", a-t-il dit: même s'"il n'y a pas de règle à ce sujet (...) ce serait un développement inhabituel".

Début février 2012, la justice fédérale américaine avait abandonné son enquête pour dopage. S'il était accusé de parjure, Lance Armstrong, qui avait juré sous serment devant un grand jury fédéral ne s'être jamais dopé, encourrait jusqu'à 30 ans de prison et 1,5 million de dollars d'amende.

"Je pense qu'on risque de ne pas voir de changement (...) mais on ne sait jamais", a ajouté l'expert, estimant que les seules poursuites envisageables seraient introduites devant la justice civile.

Pour le gouvernement américain, "l'autre approche serait de voir s'il y a eu violation des relations contractuelles" entre Lance Armstrong et son équipe cycliste, a-t-il dit.

Les autres coureurs également pourraient le poursuivre pour diffamation s'ils pensent qu'il n'a pas dit la vérité. Son assureur pourrait chercher également à récupérer les 7,5 millions de dollars de primes que le cycliste a touchées pour ses victoires. Dans tous les cas, ce seraient des poursuites au civil pour obtenir des dommages et intérêts, a encore expliqué M. McCann.

Fin août, l'Usada, qui accuse Armstrong d'avoir monté avec l'US Postal "le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport", l'avait radié à vie du sport de compétition et invalidé tous ses résultats depuis le 1er août 1998, dont ses sept succès dans le Tour de France de 1999 à 2005. Mais sa compétence se limitant au territoire américain, il revient juridiquement à l'UCI de priver le Texan de ses victoires dans la Grande Boucle.

La Fédération internationale a indiqué jeudi qu'elle s'efforcerait "de fournir une réponse dans les meilleurs délais", concernant cette affaire.

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