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USA: le film anti-islam n'est pas à l'origine des violences anti-américaines (avocat)

10/10/2012 05:46 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

L'avocat de l'auteur présumé du film "L'Innocence des musulmans", qui a comparu mercredi devant la justice à Los Angeles, a affirmé que le brûlot anti-islam n'était pas à l'origine des violences meurtrières survenues en septembre dernier dans le monde musulman.

Steven Seiden, un avocat de la défense de Mark Basseley Youssef --connu jusqu'ici sous le nom Nakoula Basseley Nakoula-- a assuré après l'audience de son client dans une affaire sans rapport avec ce film que les auditions actuellement en cours au Congrès américain allaient apporter des éléments nouveaux sur les causes des violences qui ont notamment coûté la vie à l'ambassadeur américain en Libye.

"Mon client n'a pas été la cause de la violence au Moyen-Orient. C'était clairement planifié, c'était juste une excuse", a-t-il déclaré à la presse.

M. Youssef comparaissait mercredi devant la justice fédérale pour la deuxième fois, après avoir été arrêté en septembre pour violation de sa liberté conditionnelle, dans le cadre d'une condamnation pour fraude bancaire en 2010.

"Comme vous le savez, il y a des auditions au Congrès actuellement, sur les causes de la violence au Moyen-Orient", a-t-il dit.

Quand ces violences ont éclaté, "la presse, le président (des Etats-Unis) et le département d'Etat (les ont) attribuées à mon client, et une semaine plus tard, on apprenait que c'était des attaques planifiées pour coïncider avec (l'anniversaire des attentats) du 11-Septembre", a-t-il ajouté.

"Maintenant, le Congrès va mener des auditions pour connaître la vérité et le fond de toute cette affaire. On verra ce qu'ils apprennent et quelles conséquences cela aura sur notre dossier", a-t-il poursuivi.

"L'Innocence des musulmans", réalisé aux Etats-Unis et qui dépeint le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes, a offensé de nombreux musulmans et déclenché une vague de protestations antiaméricaines dans le monde musulman, qui a fait plus de 50 morts.

Les autorités américaines avaient d'abord affirmé que l'attaque du consulat américain à Benghazi, où l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains avaient trouvé la mort, était le résultat d'une flambée de violence spontanée, provoquée par la diffusion d'extraits du film de M. Youssef.

Mais des responsables de l'administration fédérale on présenté cette semaine un récit détaillé de l'attaque, selon lequel des dizaines d'hommes armés ont envahi le consulat, l'ont incendié et pourchassé son personnel.

Dans l'affaire qui l'amenait mercredi devant les tribunaux, M. Youssef, 55 ans, est poursuivi notamment fausses déclarations et usage d'au moins trois pseudonymes. Mercredi, il a formellement nié avoir violé sa liberté conditionnelle, et une nouvelle audience a été fixée au 9 novembre.

Pour des raisons de sécurité, la presse et le public n'ont pu assister qu'à une retransmission de l'audience, depuis un bâtiment proche de la cour.

mt-rr/mdm

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