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Un militaire canadien accusé d'espionnage plaide coupable

10/10/2012 10:47 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Un militaire canadien, Jeffrey Paul Delisle, arrêté en janvier et accusé d'avoir communiqué des informations confidentielles à une "entité étrangère", a plaidé coupable mercredi à Halifax, en Nouvelle-Ecosse (est), a annoncé le parquet.

Le sous-lieutenant Delisle était accusé d'abus de confiance, de transmission d'informations protégées et de tentative de transmission d'informations protégées, a précisé le service des poursuites pénales du Canada dans un communiqué.

Sa décision de plaider coupable a été annoncée au tribunal par son avocat. L'accusé lui-même s'est borné à indiquer qu'il comprenait ce qui lui était reproché.

Le pays concerné par cette affaire --l'"entité étrangère"-- fait l'objet d'une interdiction de publication.

Dans les semaines qui ont suivi l'arrestation de cet officier quadragénaire de la Marine, qui travaillait dans un centre de surveillance de l'Otan à Halifax, plusieurs diplomates russes avaient quitté le Canada.

Les médias canadiens ont spéculé sur un éventuel lien entre leur départ et l'affaire d'espionnage, mais aucune confirmation n'est venue appuyer cette hypothèse et le ministère russe des Affaires étrangères l'a démentie.

Cependant, l'ambassadeur russe à Ottawa, Guéorgui Mamedov, avait indiqué à un journaliste à propos de cette affaire qu'"il ne pouvait pas en parler en raison d'un accord avec le gouvernement canadien pour que tout reste confidentiel, peut-être jusqu'à ce que le procès (du Canadien accusé) soit terminé".

Analyste, Delisle travaillait dans un centre de communications et de renseignement HMCS Trinity à Halifax, utilisant des satellites et des drones, et avait accès à des renseignements de plusieurs pays de l'Otan, dont les Etats-Unis, l'Australie et la Grande-Bretagne.

Il s'est livré à des activités d'espionnage entre l'été 2007 et son arrestation en janvier 2012, selon un rapport de la police fédérale GRC. Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu à Ottawa, à Halifax et dans les provinces de l'Ontario et de la Nouvelle-Ecosse, selon des documents judiciaires.

Selon la chaîne de télévision publique CBC, citant des documents de justice, Delisle avait entamé sa carrière d'espion en entrant, portant des vêtements civils, à l'ambassade russe, où il a montré son document d'identité militaire et demandé à rencontrer un responsable du renseignement militaire.

Pendant plusieurs années, il chargeait des informations confidentielles sur un disque dur miniature et les envoyait une fois par mois aux Russes, toujours selon la CBC. Il était payé environ 3.000 dollars par mois par ces derniers.

Il aurait tenté de mettre fin à cet arrangement en 2009, mais y aurait renoncé après avoir reçu une photo de sa fille sur le chemin de l'école.

La peine qui lui sera infligée devrait être annoncée seulement lors d'audiences programmées les 10 et 11 janvier prochains. Il risque entre cinq ans de prison et la réclusion à vie.

via/jl/mdm

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