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Présidentielle américaine: une poignée d'États-clés au coeur de la campagne

10/10/2012 02:11 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

HARRISBURG, États-Unis - La carte des États indécis n'a jamais été aussi compacte depuis des décennies dans l'élection présidentielle américaine. Seuls neuf États concentrent toute l'attention et tout l'argent de Barack Obama et de Mitt Romney dans la course à la Maison-Blanche.

Seule une fraction de la population américaine déterminera donc l'issue de l'élection. «C'est difficile, voire impossible de faire entrer de nouveaux États dans ce genre de compétition», estime Tad Devine, un démocrate qui a longtemps aidé les candidats de son parti à établir des stratégies État par État pour atteindre les 270 grands électeurs requis.

Dans une élection qui s'annonce serrée, le mode de suffrage indirect pèse de tout son poids: chaque État rapporte un certain nombre de grands électeurs qui choisiront le président, et il faut 270 des 538 grands électeurs pour remporter la Maison-Blanche. Les États indécis ou non acquis à un parti peuvent donc faire basculer le résultat du scrutin.

Mitt Romney et Barack Obama se sont ainsi succédé dans l'Ohio mardi et mercredi, et le président devait se rendre en Floride jeudi.

Jeudi également, le vice-président Joe Biden affrontera le colistier républicain Paul Ryan lors de leur seul débat télévisé dans le Kentucky. Le duel aura valeur de test pour l'étoile montante du Parti républicain, représentant de la droite conservatrice, tandis que M. Biden tentera de faire oublier la prestation terne de Barack Obama la semaine dernière.

En 2008, M. Obama avait réussi à étendre l'emprise des démocrates en prenant aux républicains l'Indiana, la Caroline du Nord et la Virginie. Mais il avait fallu une vague démocrate pour y arriver, alors que la structure démographique laissait présager des victoires probables des républicains dans le nord-est du pays, sur la côte ouest, ainsi que dans l'ouest et le sud. Les États-Unis étaient alors très polarisés.

«La politique s'est homogénéisée dans ce pays, tant au niveau régional que culturel», constate Steve Schmidt, un habitué des campagnes présidentielles républicaines. «Il vous reste les seuls États dont le cocktail démographique et de population fait qu'on ne sait pas qui arrivera en tête», ajoute-t-il.

L'argent dépensé en publicité dans les différents États est un des indicateurs pour savoir s'il s'agit d'un État décisif. Pour le moment, 93 pour cent des 746 millions $ US dépensés dans les campagnes publicitaires l'ont été dans les neuf Etats-clés. Pourtant, moins d'un quart des électeurs vivent dans ces États.

Alors qu'ils possèdent les moyens de le faire, ni M. Romney ni M. Obama n'investissent dans les États acquis à l'un ou l'autre parti. Mitt Romney n'a pas investi au Nouveau-Mexique, qui est maintenant démocrate. Le Parti républicain ne songe même pas à faire campagne dans les États traditionnellement démocrates comme le Minnesota, l'Oregon et Washington, bien qu'il ait pu investir dans ces États lors des précédentes élections.

De son côté, Barack Obama a choisi de ne pas combattre dans l'Indiana, un État traditionnellement républicain qui est devenu d'autant plus conservateur depuis la victoire surprise du premier président noir il y a quatre ans. Il a également cédé dans le Missouri, un indicateur pendant des années de l'orientation politique du pays avant que l'État ne choisisse de voter pour le républicain John McCain en 2008.

Contrairement à 2008, rien n'a été mis en place non plus dans le Dakota du Nord et le Montana. Les conseillers des deux candidats ont pourtant songé à marcher sur les plates-bandes de l'autre, mais aucun des deux ne l'a fait.

Les conseillers d'Obama avaient parlé de faire campagne dans l'Arizona, au Texas et même en Géorgie, mais ils ne l'ont pas fait tout comme l'équipe Romney, préférant se concentrer sur les États-pivots.

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