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L'étau se resserre autour du régime syrien

10/10/2012 03:51 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Alors que le régime syrien annonce un assaut final contre Homs, fief des rebelles, des signes montrent que la marge de manoeuvre de Damas est de plus en plus rétrécie.

Au nord, la Turquie resserre l'étau sur son voisin et des experts militaires américains s'installent en Jordanie.

Le gouvernement turc a obligé mercredi un avion de ligne syrien provenant de Moscou d'atterrir à Ankara.

« Il y a une cargaison illégale à bord de l'avion qui aurait dû être signalée » en conformité « avec la réglementation de l'aviation civile », a dit le ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu, cité par l'agence de presse Anatolie.

Selon la chaîne de télévision NTV, il pourrait s'agir de parties de missile.

L'avion de ligne, qui a 35 passagers à bord, sera autorisé à poursuivre son vol, mais la marchandise trouvée sera saisie.

Une source au ministère russe des Affaires étrangères a indiqué qu'il y avait 17 Russes à bord de l'avion et que Moscou avait demandé des explications à Ankara, précisant que des diplomates russes avaient été dépêchés à l'aéroport d'Ankara pour assurer la défense de leurs intérêts.

L'isolement de Damas vient par ailleurs de franchir un autre pas, puisque Ankara a interdit aux compagnies aériennes turques d'utiliser l'espace aérien syrien, officiellement, pour des raisons de sécurité.

De son côté, le chef d'état-major de l'armée turque, le général Necdet Ozel, a assuré que l'armée ripostera avec plus de force à tout nouveau bombardement provenant de la Syrie.

Des experts américains en Jordanie

En Jordanie, des experts de l'armée américaine sont présents pour, officiellement, aider les autorités du royaume à faire face à l'important flux de réfugiés syriens et à un incident éventuel incident dû aux armes chimiques du régime syrien.

C'est le secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta, qui a révélé cette information.

Le chef du Pentagone a indiqué que parmi les actions figure la surveillance des sites où sont entreposées des armes chimiques afin « de déterminer la meilleure réponse à apporter à toute préoccupation dans la région ».

M. Panetta a souligné aussi que les experts américains aident l'armée jordanienne à développer ses « propres capacités militaires opérationnelles en cas d'imprévu là-bas ».

L'opposition syrienne réussira-t-elle cette fois-ci à s'unir?

Le Conseil national syrien (CNS), une des factions de l'opposition syrienne, qui doit renouveler ses instances la semaine prochaine, conformément à ses règlements, tente de rassembler les autres factions de l'opposition en vue de la formation d'un gouvernement provisoire.

Selon le chef du CNS, Abdel Basset Sayda, « plus de vingt entités politiques syriennes, groupes turkmènes, syriaques, nationalistes arabes, ainsi que des personnalités de la société civile », ont demandé à se joindre aux instances du CNS, qui élargira également sa base représentative « aux jeunes et aux femmes ».

M. Sayda a précisé qu'à la réunion au Qatar le 17 octobre prochain, le CNS rencontrera « les principales forces de la révolution syrienne » sur le terrain, citant « les conseils militaires, les conseils révolutionnaires, les comités locaux ».

Depuis le début du soulèvement contre le régime, l'opposition syrienne est divisée, notamment entre les groupes de l'intérieur et ceux de l'extérieur. Le CNS, qui est appuyé par les puissances occidentales, les monarchies du Golfe et la Turquie, a du mal à imposer une légitimité aux autres factions de l'opposition.

Assaut final contre Homs

L'armée syrienne se prépare à lancer un assaut final sur Homs et sa province, considérés comme un des fiefs de la rébellion.

« Homs pourrait être déclarée province sécurisée dans les heures ou les jours qui viennent, après la progression de l'armée sur tous les axes de la ville et de sa province », affirme le quotidien syrien Al-Watan.

D'après le quotidien du parti au pouvoir Al-Baas, les « terroristes », nom donné aux rebelles par le régime, « s'enfuient par les égouts » et « des Afghans et des Tchétchènes ont été tués » par l'armée.

Un militant de l'opposition a affirmé : « Nous sommes totalement encerclés, il n'y a pas d'échappatoire ».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tenté sans succès d'entrer à Homs.

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