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Les droits de l'Homme au coeur de la visite de François Hollande à Kinshasa

10/10/2012 01:09 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

PARIS - PARIS (Sipa) — A Kinshasa, François Hollande va notamment évoquer le sujet des droits de l'Homme et rencontrer les opposants au président Joseph Kabila, ce qui suscite déjà des tensions avec les autorités congolaises.

Evoquant son déplacement en Afrique mardi, le président français a évoqué les "valeurs" et "principes" qu'il souhaite porter notamment en République démocratique du Congo (RDC), où la réélection du président Joseph Kabila en 2011 a été entachée de fraudes dénoncées par la communauté internationale.

"Il y a la démocratie, il y a la bonne gouvernance, il y a la lutte contre toutes les corruptions", a détaillé François Hollande lors d'une conférence de presse, affirmant qu'il évoquerait ces sujets "à Kinshasa, dans un pays qui est marqué par un certain nombre de difficultés démocratiques".

Ces propos ont aussitôt fait réagir les autorités de Kinshasa. Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, a déclaré à la radio RFI mardi que "cette appréciation trop négative en matière de respect des droits de l'Homme, de la démocratie et des droits de l'opposition du président français, est un peu excessive et très hâtive".

"Nous sommes dans un pays où le processus, même de contentieux électoral, est très vivace. C'est la preuve de la bonne santé de la démocratie, on ne doit pas nous en faire le reproche", a-t-il avancé, jugeant le président français "mal informé".

Samedi matin à Kinshasa, François Hollande doit rencontrer à la fois les ONG (organisations non gouvernementales), les associations de défense des droits de l'Homme et l'opposition. Il évoquera aussi ces sujets lors de son entretien bilatéral avec le président Joseph Kabila, a assuré l'Elysée.

En amont du sommet sur la Francophonie de Kinshasa, l'organisation Amnesty International appelle le gouvernement congolais à "prendre de toute urgence des mesures pour faire cesser les violences dans l'est du pays et amener tous les responsables présumés de ces actes à rendre des comptes".

"Les atteintes aux droits humains se poursuivent sans discontinuer et restent totalement impunies", a déclaré Audrey Gaughran, directrice du programme Afrique d'Amnesty International, selon un communiqué de l'organisation. L'est du pays est en proie a un regain de violence depuis la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), en avril dernier.

Amnesty International se dit par ailleurs "extrêmement préoccupée par la multiplication des menaces et actes d'intimidation à l'encontre de défenseurs des droits humains, d'opposants et de journalistes en RDC".

AP-sc/st

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