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HRW dénonce des attaques de l'armée libanaise contre des immigrés

10/10/2012 08:07 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

La justice libanaise doit enquêter et sanctionner les militaires et membres des services de renseignements qui auraient frappé et commis de sérieux abus contre des immigrés syriens, égyptiens et soudanais à Beyrouth, a affirmé mercredi l'ONG Human Rights Watch.

"Selon les victimes et d'autres témoins, 45 travailleurs immigrés syriens, 20 Egyptiens et sept Soudanais ont été frappés dimanche avant même d'être interrogés", assure dans un communiqué une organisation des droits de l'Homme.

"D'après les témoignages, des hommes en uniforme de l'armée libanaise ont fait irruption dans les chambres qu'ils occupent à Geitawi (quartier de l'est de Beyrouth) et leur ont donné des coups de pied et les ont frappés avant de les interroger", affirme cette organisation basée à New York.

"En agissant de manière cruelle, avec des motifs qui pourraient être xénophobes, ces soldats se sont conduits comme des malfaiteurs plutôt que comme des membres d'une institution nationale", a estimé Nadim Houry, adjoint du directeur de HWR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.

Toutes les personnes interrogées par HWR possédaient des papiers en règle, note cette organisation.

L'armée libanaise a accusé les migrants d'avoir résisté avec "violence" lors de l'opération, tout exprimant dans un communiqué mercredi des regrets concernant tout incident de sécurité affectant "des travailleurs innocents".

"L'armée refuse de voir son nom terni sous prétexte de protection des droits des travailleurs étrangers", écrit l'institution dans un communiqué mis en ligne sur son site web. Elle a souligné avoir lancé l'opération après que plusieurs habitants se sont plaints de harcèlement et vols, désignant "des travailleurs de différentes nationalités".

"L'armée libanaise n'est pas au-dessus des lois et la justice doit immédiatement ouvrir une enquête sur cette attaque et inculper les auteurs", a souligné M. Houry.

"Les soldats et des personnes vêtus d'un T-shirt sur lequel était écrit +renseignements militaires+ n'ont pas interrogé (les personnes battues) sur un incident ou un délit en particulier mais leur ont reproché de harceler des femmes" à Geitawi, note le communiqué.

M. Houry a précisé à l'AFP que les assaillants "s'étaient conduits comme un gang voulant défendre l'honneur de femmes (du quartier) en attaquant des immigrés pris comme boucs émissaires".

Selon le HWR, deux mineurs se trouvaient parmi les victimes présumées.

Des habitants de Geitawi ont signalé à HWR avoir essayé d'intervenir mais les soldats leur ont "intimé l'ordre de rentrer chez eux".

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