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Homs cible d'un assaut majeur de l'armée syrienne, Ankara met en garde Damas

10/10/2012 05:22 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne déployait mercredi d'importants moyens pour reprendre le contrôle total de Homs et reconquérir la ville stratégique de Maaret al-Noomane, dans un conflit sans issue qui menace désormais de dégénérer en guerre ouverte avec la Turquie.

Alors que la tension est à son comble entre Ankara et Damas, après des tirs syriens suivis de ripostes d'Ankara, le chef de l'armée turque, le général Necdet Özel, a haussé le ton mercredi menaçant la Syrie d'une "réponse encore plus puissante" en cas de poursuites des tirs vers le territoire turc.

A Homs, une ville du centre de la Syrie qui a été à la pointe de la contestation, les forces du régime de Bachar al-Assad tiraient dans la matinée des obus contre la vieille ville et les quartiers environnants où sont retranchés les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Homs pourrait être déclarée province sécurisée dans les heures ou les jours qui viennent, après la progression de l'armée sur tous les axes de la ville et de sa province", affirmait le quotidien Al-Watan, laissant entendre que l'armée se préparait à lancer l'assaut final.

Les secteurs encore tenus par les rebelles sont la cible depuis cinq jours d'une offensive généralisée, l'armée pilonnant ces quartiers où des milliers de civils sont pris au piège, selon l'OSDH.

"Nous sommes totalement encerclés, il n'y a pas d'échappatoire", a déclaré à l'AFP un militant qui se fait appeler Abou Bilal et réside dans la vieille ville.

Vendredi, des avions militaires avaient bombardé pour la première fois depuis le début de la révolte, en mars 2011, cette ville surnommée "la capitale de la révolution".

D'après le quotidien al-Baas, "de nouveaux secteurs ont été nettoyés" dans la ville, assurant que les "terroristes", nom donné aux rebelles par le régime, "s'enfuient par les égouts".

Damas assimile la rébellion à du "terrorisme" financé par l'étranger et assure qu'elle est menée par des groupes jihadistes venus d'autres pays.

Parallèlement, l'armée syrienne envoyait des renforts vers la ville de Maaret al-Noomane, tombée la veille aux mains des rebelles, a indiqué le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, sans être en mesure de préciser leur nombre.

Située sur l'autoroute reliant Damas à Alep, cette ville de la province d'Idleb (nord-ouest) est stratégique car les renforts qui se rendent à Alep (nord) doivent nécessairement la traverser. Les régions rurales alentour sont déjà tenues par la rébellion.

Dans un climat de tension extrême entre Ankara et Damas, le chef de l'armée turque a menacé la Syrie d'une "réponse encore plus puissante" si elle continuait ses tirs vers le territoire turc, ont rapporté les chaînes de télévision.

"Nous avons répondu (aux tirs syriens). S'ils continuent, nous riposterons d'une manière encore plus puissante", a dit le général Özel en tournée dans le village frontalier turc d'Akçakale (sud-est), où cinq civils avaient été tués le 3 octobre par des tirs syriens.

Depuis ce bombardement, l'armée turque répond coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc et dont l'armée régulière syrienne est tenue pour responsable.

Mardi, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait appelé la Turquie et la Syrie à "éviter l'escalade" et à faire preuve de "modération".

Sur le plan politique, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition en exil, envisage de s'installer très prochainement en Syrie dans une région sous contrôle de la rébellion, a affirmé à l'AFP l'un de ses responsables.

"Très bientôt, nous nous installerons en Syrie, en profondeur sur le territoire syrien. C'est une question de jours", a déclaré Jamal Al-Ward, en charge notamment des relations avec l'Armée syrienne libre (ASL).

Le président du CNS Abdel Basset Sayda se rendra "régulièrement (en Syrie), et des membres du comité exécutif seront ici", a expliqué M. Al-Ward, de passage à Atme, village de la province d'Idleb, frontalier de la Turquie et l'une des principales bases arrières de la rébellion.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dit "redouter" mercredi que la spirale de la violence en Syrie ne crée un terrain propice au terrorisme et aux activités criminelles de toutes natures".

Il a aussi condamné les "attentats terroristes coordonnés" de Damas, où une double attaque suicide lundi soir a visé l'un des principaux sièges des renseignements de l'armée de l'air, faisant des dizaines de morts, selon l'OSDH. Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués.

D'après M. Ban, l'émissaire international Lakhdar Brahimi doit se rendre "bientôt" en Syrie où au moins 32.000 personnes sont mortes en près de 19 mois de conflit, selon l'OSDH. Durant la seule journée de mardi, 180 personnes dont 84 civils ont péri dans les violences.

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