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Face au Congrès, un responsable admet une sécurité insuffisante à Benghazi

10/10/2012 02:49 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Un ancien responsable de la sécurité des postes diplomatiques américains en Libye a admis mercredi devant le Congrès que le niveau de sûreté à Benghazi était insuffisant avant l'attaque du consulat le 11 septembre, avertissant qu'Al-Qaïda s'implantait en force en Libye.

Trois diplomates du département d'Etat et un officier de la Garde nationale des forces armées américaines passent toute l'après-midi devant la plus haute commission d'enquête du Congrès pilotée par la majorité républicaine à la Chambre des représentants.

A l'approche de la présidentielle du 6 novembre, les républicains reprochent à l'administration démocrate des failles en matière de sécurité et de renseignement en Libye avant l'attaque du 11 septembre contre le consulat de Benghazi, qui a coûté la vie à l'ambassadeur Christopher Stevens et à trois autres agents américains.

Premier à s'exprimer devant la commission, le colonel Andrew Wood a reconnu que la sécurité à Benghazi avait "toujours été un casse-tête durant (son) mandat là-bas", entre février et août 2012. "La sécurité diplomatique était faible", a affirmé ce militaire du ministère de la Défense.

D'après M. Wood, "il n'y avait en avril à Benghazi qu'un seul agent de la sécurité diplomatique américaine" et les demandes faites pour "obtenir du personnel supplémentaire n'ont jamais" été suivies d'effets.

Pourtant la situation sécuritaire à Benghazi n'a cessé d'"empirer" à partir du printemps 2012 avec une "augmentation des attaques visant des Occidentaux", a insisté le colonel Wood. "En juin, l'ambassadeur (Stevens) avait été la cible d'une menace sur Facebook, accompagnée d'une annonce selon laquelle il aimait faire du jogging autour de l'ambassade à Tripoli", a révélé le haut gradé.

La télévision CNN avait fait grand cas fin septembre du journal personnel de l'ambassadeur Stevens, que la chaîne avait retrouvé dans les décombres du consulat et dans lequel le diplomate redoutait d'être une cible d'Al-Qaïda.

Le colonel Wood a d'ailleurs averti que "la présence d'Al-Qaïda augmentait tous les jours en Libye".

En convoquant cette audition au Congrès, les élus républicains Darrell Issa et Jason Chaffetz, avaient sommé la secrétaire d'Etat Hillary Clinton de faire toute la lumière sur le déroulement de l'attaque et sur les mesures de sécurité au consulat et autour de l'ambassadeur.

D'après M. Issa, "le niveau général de la sécurité (du consulat) ne répondait pas à la menace existante". Son collègue Chaffetz a enfoncé le clou en dénonçant sur Fox News "l'effort concerté du département d'Etat et de la Maison Blanche" pour réduire les mesures de sécurité à Benghazi "afin de donner l'impression d'un semblant de +normalisation+ en Libye".

La chef de la sécurité des 275 représentations américaines dans le monde, Charlene Lamb, a répondu que le département d'Etat pensait à l'époque disposer "d'un nombre correct de forces" en Libye.

La diplomatie américaine avait répliqué par avance aux attaques des républicains en livrant mardi soir à la presse le récit détaillé de l'assaut implacable contre le consulat par des dizaines d'hommes équipés d'armes de guerre.

Le département d'Etat avait aussi confirmé que cet attentat n'était en rien lié à la vidéo islamophobe qui commençait à agiter en septembre des pays musulmans.

Car les républicains reprochent aussi aux démocrates d'avoir tardé à reconnaître qu'il s'agissait d'un "attentat terroriste" impliquant Al-Qaïda.

L'ambassadrice à l'ONU Susan Rice avait affirmé le 16 septembre que cette attaque n'était ni "coordonnée", ni "préméditée" et résultait d'un rassemblement "spontané" contre le film "L'Innocence des musulmans". Son collègue, le sous-secrétaire d'Etat Patrick Kennedy, l'a défendue, assurant que "nous en savons plus aujourd'hui que le dimanche suivant l'attaque".

nr/jca

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