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De violents combats secouent la ville libyenne de Bani Walid

10/10/2012 01:36 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Des combats meurtriers ont secoué mercredi Bani Walid, l'un des derniers bastions fidèles au dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, alors que le siège autour de la ville avait été en partie levé, ont affirmé des habitants.

Des informations contradictoires ont circulé sur le nombre de victimes de ces heurts entre combattants de Bani Walid --une ville que d'anciens rebelles accusent d'abriter des loyalistes de l'ancien régime-- et membres de milices composées d'ex-rebelles venus de Misrata.

Un commandant militaire à Bani Walid a affirmé qu'un combattant avait été tué, tandis qu'un responsable local assurait que le bilan avait atteint dix morts.

"Une personne a été tuée et deux blessées", a déclaré Salem al-Waer, à la tête du plus important groupe de combattants à Bani Walid, ajoutant que de violents combats opposaient ses hommes à des "milices" venues de la ville proche de Misrata.

Selon lui, les heurts ont débuté tôt le matin et se sont concentrés dans la vallée de Mardoum, à 10 kilomètres à l'est de Bani Walid, l'une des dernières villes tombées aux mains des rebelles lors de la révolte qui a renversé le régime du colonel Kadhafi en 2011.

M. Waer a également rapporté que des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avaient été autorisés à entrer dans la ville pour la première fois depuis que les forces gouvernementales et des groupes armés venus de Misrata l'avaient encerclée.

"Ils ont visité les villes et les hôpitaux", a-t-il dit à l'AFP, joint par téléphone.

La porte-parole du CICR, Souad Messoudi, a confirmé cette visite. "Nous avons apporté une aide médicale à l'hôpital de Bani Wali et à une polyclinique", a-t-elle dit sans toutefois fournir de bilan.

Un infirmier, Mohammed Ali, a indiqué que de violents bombardements sur des quartiers résidentiels, notamment dans le secteur d'Al-Zaara, avaient fait cinq morts, dont trois enfants, fournissant leurs identité.

Abdelhamid al-Sandouli, directeur du Comité politique et des médias de Bani Walid, a estimé pour sa part que "dix personnes ont péri dans les violents bombardements".

Ces bilans ne pouvaient être confirmés de source indépendante.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid à la suite de la mort d'un ex-rebelle de Misrata, Omran Ben Chaabane, 22 ans, enlevé et torturé dans la ville.

Ce décès a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, villes voisines et rivales historiques, qui ont choisi des camps opposés lors du conflit l'an dernier.

Le Congrès général national (CGN) a exigé le 25 septembre des ministres de la Défense et de l'Intérieur qu'ils trouvent les auteurs de l'enlèvement de Ben Chaabane "par la force si cela est nécessaire".

L'armée, appuyées par des milices formées d'anciens rebelles, ont repris le contrôle de la ville et des combats le 1er octobre à Mardoum avaient fait un mort.

Amnesty International avait tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière, affirmant que les efforts déployés pour arrêter les meurtriers ou libérer d'autres otages à Bani Walid tendaient à se transformer en un siège de la ville.

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