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Corruption au Québec: un entrepreneur met en cause l'ancien cabinet libéral

10/10/2012 10:57 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Le témoin vedette d'une enquête sur la corruption au Québec, l'entrepreneur Lino Zambito, a accusé des membres de l'ancien gouvernement libéral de la province d'être mêlés à des activités de financement illégal de leur parti, ont rapporté mercredi des médias canadiens.

M. Zambito a fait ces révélations la semaine dernière devant la commission d'enquête dite commission Charbonneau, mais celle-ci a interdit leur publication et n'a levé cette interdiction que mercredi.

L'ancien patron d'une entreprise de bâtiment, Infrabec, a ainsi indiqué avoir organisé en 2008 un cocktail de collecte de fonds pour la vice-première ministre de l'époque Nathalie Normandeau.

Ce cocktail avait permis de collecter 110.000 dollars, versés par des entrepreneurs utilisant des prête-noms, mais, selon M. Zambito, le Parti libéral du Québec (PLQ) n'en a déclaré que 77.500.

Les entrepreneurs en question se remboursaient par la suite en gonflant les factures de travaux publics qu'ils réalisaient.

M. Zambito a raconté aussi avoir envoyé 40 roses à Mme Normandeau à l'occasion de son 40e anniversaire et l'avoir invitée dans la loge de son entreprise lors d'un concert de Céline Dion à Montréal.

L'entrepreneur a par ailleurs affirmé qu'un collaborateur d'un autre membre du gouvernement de l'ex-Premier ministre Jean Charest, le ministre du Travail David Whissel, lui avait demandé 50.000 dollars au comptant, mais il a réussi à faire intervenir un ami pour éviter de verser cette somme.

M. Whissel a démenti vigoureusement cette information, la qualifiant de "complètement folle" et affirmant n'en avoir "jamais entendu parler", dans une déclaration sur Radio-Canada.

Le chef par intérim du PLQ, Jean-Marc Fournier, a déclaré à la presse que ces allégations étaient "troublantes" et que s'il s'avérait qu'elles "deviennent des faits", il ne devrait y avoir "aucune tolérance" à l'égard des individus "trouvés fautifs".

Il a cité le directeur du parti, Karl Blackburn, qui lui avait assuré qu'"il n'y avait pas de pratique de prête-nom au Parti libéral du Québec", ni "de pratique d'argent liquide".

La semaine dernière, les révélations de M. Zambito concernant la corruption de certains responsables de la mairie de Montréal avaient conduit la ville à suspendre l'octroi de contrats portant sur la construction de routes, d'adductions d'eau ou d'égoûts.

L'entrepreneur avait affirmé avoir dû verser 3% de la valeur de contrats obtenus par son entreprise à Montréal au parti du maire Gérald Tremblay, soit plus qu'à la mafia, qui ne prélevait, elle, que 2,5% sur ses contrats.

Au pouvoir de 2003, le PLQ a été relégué dans l'opposition aux élections législatives du 4 septembre au Québec, remportées par les indépendantistes du Parti québécois.

jl-via/lb

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