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Benghazi: Washington presse Tripoli de coopérer dans l'enquête

10/10/2012 01:13 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Washington a pressé mercredi les autorités libyennes de coopérer davantage afin que soient punis les auteurs de l'attaque contre le consulat américain à Benghazi qui a coûté la vie à l'ambassadeur Chris Stevens.

John Brennan, principal conseiller du président américain pour l'antiterrorisme, a rencontré mercredi à Tripoli Mohamed al-Megaryef, président du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité politique du pays, a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Tommy Vietor.

Les deux responsables "ont discuté de l'enquête qui se poursuit sur l'attaque de Benghazi, et des mesures supplémentaires que la Libye peut prendre pour mieux assister les Etats-Unis afin de faire en sorte que les coupables rendent des comptes", a précisé M. Vietor.

"M. Brennan a encouragé les responsables libyens (...) à renforcer les capacités de l'Etat en matière policière et judiciaire, et a exhorté la Libye à profiter rapidement des offres d'aide ciblées en provenance des Etats-Unis et d'autres partenaires internationaux", a-t-on ajouté de même source.

La présence à Tripoli de M. Brennan avait auparavant été annoncée de source libyenne. Mais la presse était tenue à l'écart et aucune autre information n'a filtré sur la teneur des entretiens.

Outre M. Megaryef, le collaborateur du président Obama devait aussi rencontrer des responsables des ministères libyens des Affaires étrangères et de l'Intérieur, selon une source libyenne.

Cette visite intervient près d'un mois après l'attaque contre le consulat américain à Benghazi, chef-lieu de l'Est libyen, qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens et à trois agents américains le 11 septembre.

Elle coïncide par ailleurs avec l'audition de quatre responsables devant la plus haute commission d'enquête du Congrès américain, pilotée par la majorité républicaine à la Chambre des représentants, qui dénonce des failles en matière de sécurité et de renseignement dans cette affaire.

Au lendemain de l'attaque, les autorités libyennes avaient affirmé qu'elles étaient prêtes à collaborer avec Washington dans l'enquête.

Mais les conditions de sécurité à Benghazi ont retardé l'arrivée des enquêteurs américains, et des agents fédéraux (FBI) n'ont pu visiter le consulat que le 4 octobre.

Tripoli, ainsi que l'administration Obama, ont donné plusieurs versions sur les circonstances et les motivations des auteurs présumés de l'attaque du consulat, initialement mise sur le compte d'hommes armés en colère contre un film anti-islam.

L'ancien responsable de la sécurité de l'ambassade et du consulat américains en Libye a indiqué mercredi devant le Congrès que les conditions de sécurité à Benghazi étaient "faibles" avant l'attaque du consulat le 11 septembre.

"La sécurité à Benghazi a toujours été un casse-tête durant mon mandat là-bas", entre février et août 2012, et "la sécurité diplomatique était faible", a déclaré le colonel Andrew Wood, selon le texte de son audition devant la commission d'enquête du Congrès.

Les demandes faites pour "obtenir du personnel supplémentaire" n'ont jamais été suivies d'effets, indique encore ce responsable du ministère de la Défense.

En pleine campagne présidentielle, le camp du prétendant républicain à la Maison Blanche Mitt Romney brocarde quotidiennement celui de M. Obama, pour avoir constamment changé de versions sur la nature de l'attaque avant de finalement reconnaître qu'il s'agissait d'un "attentat terroriste" impliquant Al-Qaïda.

Sur ce point, le colonel Andrew Wood a estimé que la présence d'Al-Qaïda en Libye croît tous les jours.

"Leur présence augmente tous les jours et ils sont certainement mieux implantés que nous ne le sommes", a-t-il déclaré au Congrès.

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