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Aleppo news, la micro agence de presse rebelle et clandestine

10/10/2012 04:49 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Dans un immeuble d'Alep déchirée par la guerre, une poignée de journalistes et techniciens improvisés collectent des infos, au péril de leur vie et dans la candestinité, pour Aleppo news, une minuscule agence de presse rebelle qui diffuse sur la toile.

Pour des raisons de sécurité, le jeune technicien, Abou Mahmoud, 20 ans, ne veut pas révéler son vrai nom et n'accepte d'être filmé que de dos dans son "studio" constitué de deux ordinateurs portables, d'une liaison internet, d'une table et deux chaises. Sans oublier coussins et matelas en vrac, au milieu de cendriers pleins. L'équipe travaille et vit sur place.

"Aleppo news a démarré en février", soit près d'un an après le début de la contestation en Syrie en mars 2011, explique cet étudiant entré en rébellion.

"Quand nous entendons un bombardement dans la ville, ou bien quand nous sommes alertés par talkie-walkie, un journaliste part aussitôt enquêter sur place".

Abdulrazaq, 24 ans, petit gabarit mais l'air décidé, est l'un des deux reporters d'Aleppo news, installé dans une zone tenue par l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles).

Il était auparavant journaliste dans un magazine, et il a rejoint Aleppo news il y a quatre mois.

"J'ai vu trop de gens tués par le régime criminel d'Assad, beaucoup de mes amis sont morts, c'est ce qui m'a décidé", explique-t-il.

Yaarop est encore plus jeune. Il a 18 ans ans mais en fait bien deux de moins.

"Avant, j'étais vendeur de vêtements, puis je suis devenu chanteur dans les manifestations", raconte-t-il. "J'ai arrêté la chanson pour devenir reporter".

Une fois sur le terrain, Yaarop filme avec une petite caméra et note scrupuleusement ses informations, les faits qu'il constate, les témoignages des habitants, des combattants. "J'y vais chaque jour, je ne reste que une à deux heures sur place pour des raisons de sécurité. J'aime cette activité de reporter mais je le fais avant tout pour le jihad", précise-t-il.

Chaque jour dans Alep, soumise en permanence à des tirs d'artillerie et des bombardements des forces du régime d'Assad, mais aussi à des offensives rebelles contre des positions de l'armée gouvernementale, apporte son lot d'informations.

L'après-midi, les journalistes saisissent leurs papiers et le technicien Abou Mahmoud les envoie, par une ligne internet à bas débit, à l'équipe d'Aleppo TV.

Ces informations passent ensuite le soir en bandeau sur un écran à image fixe.

Quelques hommes d'affaires opposés au régime d'Assad donnent un peu d'argent aux animateurs d'Aleppo news, qui s'en servent pour le matériel et pour se nourrir.

Il n'a pas été possible aux journalistes de l'AFP de rencontrer l'équipe d'Aleppo TV, ni de se rendre sur le lieu d'émission.

Pour des raisons de sécurité, ses membres, totalement clandestins, diffusent depuis la Turquie voisine qui soutient la rébellion contre le régime de Bachar Al-Assad.

Quant aux images filmées par l'équipe d'Aleppo news, elles sont diffusées sur internet et rejoignent ainsi tous les films d'amateurs syriens qui témoignent, chaque jour, de l'extrême violence de l'interminable conflit qui déchire leur pays.

jpc/sw

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