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Tunisie/libertés: des journalistes manifestent, d'autres négocient

09/10/2012 03:11 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Des journalistes de la radio tunisienne Wataniya (publique) ont manifesté mardi à Tunis pour réclamer leur autonomie éditoriale, alors que leurs confrères du groupe de presse Dar Essabah, en conflit ouvert avec le pouvoir, ont commencé des négociations avec le gouvernement.

Une cinquantaine de journalistes et employés se sont rassemblés devant le siège de la radio, dans le centre de Tunis, sous le slogan: "libérons la radio des instructions" gouvernementales.

Les manifestants ont dénoncé une "tentative de mainmise de la direction générale sur la ligne éditoriale et la programmation" de la station.

"Les citoyens paient pour un service public et ont droit à une information libre. Pas question de retomber sous la coupe d'un parti", a déclaré la journaliste Bouthaina Gouia.

Elle a ainsi raconté avoir subi des pressions pour avoir consacré une émission aux nominations, par le gouvernement dominé par les islamistes, de dirigeants controversés à la tête des médias publics.

"Nous avons reçu le soutien des partis de gauche membres de la coalition au pouvoir, le Congrès pour la république et Ettakatol, le problème se pose avec (les islamistes) d'Ennahda", dit-elle.

Par ailleurs, des pourparlers ont repris sous l'égide du ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia pour tenter de trouver une issue au conflit dans le groupe Dar Essabah qui publie les quotidiens Essabah (en arabe) et Le Temps (en français) et un hebdomadaire.

"Notre première revendication est le départ de Lotfi Touati", a dit Sana Farhat, journaliste syndicaliste, en référence au directeur nommé par le gouvernement.

Les discussions groupant des représentants du gouvernement, du Conseil d'administration du groupe et les syndicats se poursuivaient encore mardi soir à huis-clos.

Les islamistes au pouvoir sont accusés par les journalistes de plusieurs médias publics de chercher à contrôler leur ligne en nommant des laudateurs de l'ancien régime devenus des partisans d'Ennahda.

Les journalistes de Dar Essabah exigent en outre le règlement de sommes impayées depuis neuf ans (primes, heures supplémentaires, etc.) et se posent en acquéreurs "prioritaires" en cas de vente des titres.

Dar Essabah, qui emploie 200 personnes, était détenu à 80% par Sakher El-Materi, gendre de Ben Ali, avant de passer sous le contrôle de l'Etat après la révolution de 2011.

mh-Bsh/alf/feb

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