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Tunisie: une ONG dénonce une campagne policière contre les femmes

09/10/2012 02:41 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Une association féministe de Tunisie a dénoncé mardi "une campagne" d'intimidation de la police contre les femmes, dans le contexte du scandale provoqué par les poursuites visant une Tunisienne violée par des policiers en septembre.

"Au nom du slogan +protection de la morale+, des femmes sont victimes de pressions exercées par la police dans les espaces publics et en particulier lors de leurs sorties nocturnes", a affirmé en conférence de presse Ahlem Belhaj, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

Elle a accusé "certaines parties rétrogrades de vouloir imposer aux femmes un nouveau mode de vie avec la bénédiction d'institutions de l'Etat", dans une allusion apparente au gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda.

Mme Belhaj en veut pour preuve "le nombre de jeunes femmes venues se plaindre (à son association) de harcèlement policier". Selon elle, il s'agit d'une "campagne" même si elle "n'est pas déclarée de manière officielle".

Invitée à témoigner, Raafat Ayadi, interprète et mannequin a raconté avoir été appréhendée par deux policiers en rentrant chez elle tard un soir.

"Le 5 juillet, j'ai été malmenée, insultée et menottée par deux jeunes recrues qui jugeaient mes vêtements indécents. Ils m'ont fait signer un PV sans me permettre d'en connaître le contenu", a affirmé le jeune femme.

"Ils officiaient comme une police religieuse et paraissaient avoir des instructions", a-t-elle estimé.

"Nous avons alerté l'Assemblée constituante sur l'implication de la police dans cette campagne qui a touché de nombreuses femmes dans différentes régions du pays", a repris le présidente de l'ATFD, déplorant que les responsables politiques continuent de parler de "cas isolés".

Le cas le plus emblématique reste le viol en septembre d'une jeune Tunisienne par deux agents de police incarcérés depuis.

La victime risque d'être inculpée pour "atteinte à la pudeur", car les policiers l'avaient interpellés dans une "position immorale" avec son fiancé tout juste avant le viol.

ms-Bsh/alf/sbh

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