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Tunisie: report du procès d'un blogueur et opposant aux islamistes

09/10/2012 07:58 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Le procès du blogueur et opposant tunisien, Sofiène Chourabi, pour ivresse et atteinte à la pudeur a été reporté mardi au 16 octobre, et l'intéressé a dénoncé de nouveau une affaire orchestrée par les islamistes au pouvoir, selon une journaliste de l'AFP.

Le parquet a annoncé, lors de l'audience au tribunal de Menzel Temime (100 km de Tunis), que M. Chourabi et son ami le journaliste Mehdi Jelassi seront jugés pour ivresse publique mais aussi atteinte à la pudeur, une accusation qui avait été un temps abandonnée. Ce délit est passible de six mois de prison.

Les deux hommes avaient été arrêtés début d'août pour avoir consommé de l'alcool dans un lieu public, une plage, durant ramadan, le mois de jeûne des musulmans.

Leur procès a été reporté au 16 octobre, à la demande de l'avocat Maher El Arbi qui représente un "islamiste modéré", Hassan Khmiri. Ce dernier se dit être victime d'un "préjudice moral".

"L'acte de Soufiène Chourabi (boire pendant ramadan, ndlr) n'est qu'une provocation à l'encontre des islamistes", a déclaré à l'AFP Me El Arbi.

Le blogueur, rendu célèbre par ses écrits contre le régime déchu du président Zine El Abidine Ben Ali et désormais critique des islamistes au pouvoir, a dénoncé une nouvelle fois un procès politique.

"C'est un procès injuste, monté de toutes pièces et sans fondement. C'est de l'intimidation contre les opposants à la politique d'Ennhada" le parti islamiste qui domine le gouvernement, s'est indigné M. Chourabi avant son entrée dans la salle d'audience.

A la barre, il a affirmé que "ses aveux (...) ont été faits sous la pression de la police".

"Ce procès a une dimension politique par excellence. Mon client a été arrêté pour ses écrits, à savoir son attitude critique envers le parti islamiste", a dénoncé l'avocat du blogueur, Anis Ezzine.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions en Tunisie sur le sujet de la liberté d'expression.

Plusieurs médias publics sont en conflit ouvert avec le gouvernement qui est soupçonné de chercher à contrôler leur ligne éditoriale. Par ailleurs, les islamistes ont été vivement critiqués en raison de leur projet de punir de peines de prison "l'atteinte au sacré".

kl/alf/sw

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