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Transparency alerte le Maroc sur la nécessité de lutter contre la corruption

09/10/2012 02:54 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

L'ONG Transparency a exhorté mardi le Maroc à lutter contre la corruption, un fléau qui demeure à un niveau élevé dans le royaume, selon une enquête réalisée en partie avant l'arrivée des islamistes au pouvoir.

"Le gouvernement n'a pas vraiment une politique efficace en la matière", a affirmé Azzedine Akesbi, un responsable de Transparency Maroc, lors de la présentation à Casablanca de cette enquête menée auprès de 3.016 entreprises dans le monde dont 100 au Maroc.

M. Akesbi, un expert économique, a longuement insisté sur la "faiblesse" persistante de cette lutte dans le royaume, tout en soulignant que l'étude avait été réalisée en partie avant l'arrivée au pouvoir, en janvier, du gouvernement dirigé par l'islamiste Abdelilah Benkirane.

M. Benkirane et son parti, le PJD, ont fait de la lutte contre la corruption l'un de leurs chevaux de bataille. Récemment, le Maroc a adopté une loi dépénalisant les dénonciateurs de cas de corruption.

Dans l'enquête de Transparency, le Maroc, seul pays du Maghreb ciblé, se situe à un "niveau élevé" de l'échelle de corruption dans le monde, derrière la Turquie, l'Afrique du Sud ou encore le Sénégal.

Dans le détail, 55% des responsables des entreprises marocaines sondées jugent la corruption "courante", 53% estiment que la politique du gouvernement est "inefficace" et 49% considèrent qu'il est "courant que les fonds publics soient mal utilisés par les hauts responsables".

En revanche, à la question de savoir si les sociétés marocaines "perdent des marchés" lorsque leurs concurrents paient des pots-de-vin, seules 28% ont répondu "oui" (62% "non").

Dans un entretien accordé mardi à France 24, Abdelilah Benkirane a évoqué la lutte contre la corruption, soulignant que celle-ci demandait "du temps".

"La corruption existe au Maroc, elle existe dans beaucoup de pays, (...) mais à des degrés différents", a-t-il relevé, évoquant "un sujet primordial parce qu'il y a un sentiment d'injustice dans notre population de voir des gens qui s'enrichissent rapidement sans avoir en apparence travailler en conséquence".

Dans son enquête, Transparency indique que Pays-Bas, Belgique et Allemagne font figure de bons élèves, au contraire de la Chine et de la Russie.

mc/gk/sbh

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