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Syrie: attentat contre la Sécurité, une ville tombe aux mains des rebelles

09/10/2012 11:56 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Un double attentat suicide a visé l'un des principaux sièges des redoutables renseignements de l'armée de l'air, près de Damas, faisant des dizaines de morts, a rapporté une ONG syrienne alors que les rebelles se sont emparés d'une ville stratégique du nord de la Syrie.

Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués, même si un des véhicules piégés a explosé à proximité du site visé.

Face à l'escalade "insupportable" des violences, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé Damas à décréter un cessez-le-feu unilatéral, et demandé aux forces d'opposition de le respecter.

Mardi, les violences ont encore fait 72 morts, dont 20 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de militants et de médecins.

L'attaque contre la Sécurité a eu lieu lundi soir à Harasta, à 10 km au nord-est de Damas. Elle a été revendiquée par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste inconnu avant le début du conflit, qui a déjà affirmé avoir mené la plupart des attentats récents dans le pays.

"Des dizaines de personnes ont été tuées lors des attentats contre le siège des services de renseignements de l'armée de l'air pour la région de Damas, et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s'y trouvaient", a affirmé le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, le site visé par deux explosions à 20 minutes d'intervalle est le plus grand centre de détention de la province de Damas.

Les autorités n'ont pas réagi à cette attaque, passée sous silence par les médias officiels.

Selon le Front Al-Nosra, "un véhicule bourré de neuf tonnes d'explosifs (...) a détruit l'immeuble" des renseignements, puis un autre kamikaze "a fait sauter (une) ambulance transportant une tonne d'explosifs".

Une source de sécurité a affirmé en revanche que des gardes avaient tiré sur le premier véhicule avant qu'il ne pénètre dans l'enceinte ultra-protégée. La voiture a toutefois explosé, provoquant d'importants dégâts et faisant des blessés.

Le conducteur de la seconde voiture a été intercepté, a précisé la source. S'en est suivi "un assaut de grande envergure (...) mais après cinq heures de combats ils ont été repoussés".

Par ailleurs, les rebelles se sont emparés d'une ville stratégique entre Damas et Alep, selon M. Abdel Rahmane. D'après lui, "les forces régulières se sont retirées de tous les barrages à l'intérieur de Maaret al-Noomane, à l'exception d'un seul à l'entrée de la ville, à l'issue de 48 heures de combats".

Maaret al-Noomane est stratégique car les renforts qui se rendent à Alep doivent nécessairement la traverser. Les régions rurales alentour, dans la province d'Idleb, sont déjà tenues par la rébellion.

A Alep, enjeu d'une bataille cruciale depuis juillet, l'armée a bombardé plusieurs quartiers, selon l'OSDH.

Dans le nord de la ville, la tension est vive entre rebelles et combattants kurdes qui contrôlent le quartier de cheikh Maksoud.

Selon un habitant, Abou Mohammad, 50 ans, "deux obus tirés de Boustane al-Bacha (quartier tenu par les rebelles), sont tombés chez nous (...) tuant deux ouvriers et en blessant quatre".

"Depuis que nos combattants ont empêché (il y a une dizaine de jours) les rebelles d'entrer dans notre quartier, nous sommes la cible d'obus".

Et à Homs (centre), les troupes loyalistes ont pénétré dans le quartier rebelle de Khaldiyé, où "elles traquent les terroristes encore présents", selon la télévision officielle.

"Si l'armée réussit à prendre le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s'y trouvent", a souligné un militant sur place, qui s'est présenté sous le nom d'Abou Bilal.

Estimant que "la situation a atteint un stade inacceptable", M. Ban a dit avoir "fait comprendre au gouvernement syrien qu'il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral". "J'exhorte les forces d'opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l'annonce".

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé Turquie et Syrie à "éviter l'escalade" après une nouvelle riposte lundi de l'armée turque à la chute d'un obus syrien sur son territoire.

Le chef du gouvernement turc a répété mardi que son pays répondrait systématiquement à toute attaque syrienne, pendant que le chef d'état-major, le général Necdet Özel, inspectait ses troupes à la frontière.

Sur le plan humanitaire, le transfert de déplacés, installés dans un campement de fortune le long de la frontière turque, a débuté mardi vers un camp spécialement aménagé dans le village voisin de Qah pour accueillir jusqu'à 5.000 déplacés, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il s'agit du premier camp ainsi organisé dans les territoires sous contrôle de la rébellion, alors que la Syrie s'enfonce chaque jour un peu plus dans la guerre civile après plus de 19 mois d'un conflit qui a fait au moins 32.000 morts selon l'OSDH.

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