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Le FMI doute que Paris puisse atteindre ses cibles pour son déficit

09/10/2012 01:45 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

PARIS - La France ne réussira pas à réduire son déficit à trois pour cent du produit intérieur brut l'année prochaine, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI). Ses prévisions, publiées une semaine avant l'examen du budget à l'Assemblée, offrent un argument de poids à ceux qui, dans l'opposition et même au sein de la majorité, jugeaient déjà cet objectif trop optimiste.

Le président français François Hollande l'a promis pendant la présidentielle, le gouvernement l'a écrit dans son Projet de loi de finances: le déficit sera ramené de 4,5 pour cent en 2012 à 3 pour cent du PIB en 2013.

Mais dans ses projections publiées mardi, le Fonds monétaire international table, lui, sur 4,7 pour cent cette année et 3,5 pour cent l'an prochain.

Car les économistes de Washington s'attendent à une croissance bien plus faible que celle espérée par Paris. Selon eux, le PIB français ne devrait croître que de 0,4 pour cent l'an prochain. C'est la moitié de ce qu'ils prédisaient encore en juillet dernier. C'est aussi la moitié de l'hypothèse de croissance sur laquelle le gouvernement a bâti son Projet de loi de finances 2013 (+0,8 pour cent).

Pour réduire le déficit public à trois pour cent du PIB avec une croissance de 0,8 pour cent, le gouvernement a déjà programmé un effort global d'environ 40 milliards d'euros: 30 milliards dans le Projet de loi de finances, 5,5 milliards dans le projet de budget de la Sécurité sociale et 4,4 milliards liés à la montée en charge de dispositifs votés cet été dans le cadre du collectif budgétaire.

Si la croissance s'avérait plus molle que prévu, l'exécutif devrait chercher de nouvelles recettes et/ou réaliser de nouvelles économies. Il est généralement admis qu'un dixième de croissance en moins se traduit en effet par un manque à gagner d'un milliard d'euros pour les finances publiques. Si le PIB ne progresse que de 0,4 pour cent l'an prochain, il faudra donc trouver 4 milliards d'euros supplémentaires.

Du coup, des responsables de droite comme de gauche se demandent si l'objectif des trois pour cent est réaliste. Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone l'a déjà jugé «intenable». Le budget «ne permettra pas d'atteindre l'objectif des trois pour cent», a prédit François Fillon, ex-premier ministre et candidat à la présidence de l'UMP.

«Si nous respectons la règle des trois pour cent, nous tuons notre économie», a mis en garde son prédécesseur à Matignon Dominique de Villepin. «On ne fera pas les trois pour cent», a parié le chef de file des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé, en appelant la majorité à «desserrer l'étau». «Il n'y a pas de tabou sur un chiffre», a assuré Harlem Désir, le premier secrétaire du PS par intérim.

Si bien que le gouvernement s'est senti obligé de réaffirmer à maintes reprises que cet objectif serait rempli. «Les trois pour cent sont nécessaires pour la crédibilité du pays», a ainsi rappelé le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici. «Nous les tenons et nous les tiendrons.»

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