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L'attaque de Benghazi sans précédent dans "l'histoire diplomatique récente"

09/10/2012 07:11 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

L'attaque du 11 septembre contre le consulat américain de Benghazi en Libye a été perpétrée par des dizaines d'homme équipés d'armes de guerre qui ont brûlé les bâtiments et traquaient le personnel qui y était réfugié, a raconté mardi soir un responsable du département d'Etat.

Dans un récit détaillé de cette attaque "sans précédent" dans "l'histoire récente de la diplomatie", ce responsable a également assuré que les Etats-Unis ne disposaient d'"aucun renseignement exploitable" sur une "attaque planifiée et imminente" et a exclu que l'attentat soit lié aux manifestations contre une vidéo islamophobe.

"Il n'y a pas eu d'attaque comme celle-là en Libye, à Tripoli, à Benghazi ou ailleurs du temps où nous étions là-bas. C'est sans précédent. En fait, il serait même très, très difficile de trouver un précédent pour une attaque de ce genre dans l'histoire diplomatique récente", a déclaré ce diplomate lors d'une conférence de presse téléphonique.

Sous couvert d'anonymat, il a longuement détaillé le déroulement de l'attaque qui a visé pendant plusieurs heures le consulat et au cours de laquelle l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, et trois autres agents américains, ont perdu la vie.

D'après le responsable, l'attaque a débuté vers 21H40 locales, peu après que l'ambassadeur Stevens soit allé se coucher dans une partie du consulat.

M. Stevens avait bouclé son dernier entretien vers 20H30, heure à laquelle les alentours du consulat étaient "calmes", a dit ce responsable.

A 21H40, sur fond de tirs et d'explosions, les agents de sécurité du consulat ont vu sur les écrans de contrôle "un grand nombre d'hommes armés envahir l'enceinte" du consulat composé de plusieurs bâtiments.

Le responsable du département d'Etat a décrit des assaillants équipés d'"armes automatiques AK-47, de lance-roquettes et de bidons de gazole" qui ont servi à à incendier les bâtiments et la principale résidence où se trouvait l'ambassadeur Stevens.

Piégés par le feu et une "épaisse fumée", M. Stevens et deux autres agents américains, dont Sean Smith, se réfugient alors dans une partie sécurisée du bâtiment avec un point d'eau et une fenêtre. Mais au bord de l'asphyxie, les trois hommes décident de quitter leur refuge et de se séparer, en dépit des tirs nourris les visant.

Le corps de M. Smith avait été retrouvé dans les décombres du consulat incendié, tandis que l'ambassadeur avait été transporté dans un hôpital de Benghazi avant que son corps ne soit rendu dans la nuit au personnel diplomatique américain, a expliqué le responsable.

Il a livré ce récit à la presse à la veille d'une audition mercredi au Congrès américain sur l'attaque de Benghazi.

Trois hauts responsables du département d'Etat et un autre du Pentagone vont passer sur le grill de la plus haute commission d'enquête du Congrès pilotée par la majorité républicaine à la Chambre des représentants.

En pleine campagne présidentielle, le camp du prétendant républicain à la Maison Blanche Mitt Romney brocarde quotidiennement celui du président démocrate sortant Barack Obama, lui reprochant d'avoir tardé à reconnaître qu'il s'agissait d'un "attentat terroriste" impliquant Al-Qaïda et d'avoir sous-estimé les conditions de sécurité et les menaces antiaméricaines en Libye.

L'ambassadrice à l'ONU Susan Rice avait ainsi affirmé le 16 septembre sur toutes les télévisions que cette attaque de Benghazi n'était ni "coordonnée", ni "préméditée" et résultait d'un rassemblement "spontané et devenant extrêmement violent" contre le film islamophobe "L'Innocence des musulmans".

Interrogé sur ce point, le responsable du département d'Etat s'est désolidarisé de Mme Rice, indiquant que "ce n'était pas (leur) conclusion".

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