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La protection sera accrue pour le Sommet de la Francophonie au Congo-Kinshasa

09/10/2012 07:21 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

OTTAWA - Ce n'est pas tous les jours que le premier ministre visite l'un des pays les plus dangereux du monde, ou que les journalistes qui l'accompagnent reçoivent la consigne de garder les capuchons sur les objectifs de leurs caméras pour leur propre sécurité.

Le premier ministre Stephen Harper, deux ministres fédéraux, les premiers ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick, Pauline Marois et David Alward, ainsi qu'une horde de journalistes se rendront en République démocratique du Congo (RDC) plus tard cette semaine.

Selon l'Indice mondial de paix, qui classe les pays du monde selon leur degré de pacifisme en fonction des conflits internes et de la sécurité, notamment, la RDC est le cinquième pays le moins sécuritaire du monde après la Somalie, l'Afghanistan, le Soudan et l'Irak. Des dizaines de milliers de jeunes filles et de femmes y ont subi des violences sexuelles, entre autres.

Le ministère des Affaires étrangères recommande d'«éviter tout voyage non essentiel» en RDC et fait état de «criminalité endémique».

Lorsque l'emplacement du Sommet de la Francophonie a été révélé il y a deux ans, les nations membres ont manifesté de l'inquiétude. Le dernier Sommet s'est tenu à Montreux, en Suisse, car des troubles avaient éclaté dans le pays qui devait initialement l'accueillir, le Madagascar.

Les craintes à propos du choix de Kinshasa se sont accentuées après les élections présidentielles de l'hiver dernier, qui ont été entachées par des irrégularités et qui ont nourri la violence qui déchire l'est du pays.

Des pays comme le Canada et la France ont choisi de soutenir le choix de cet emplacement dans l'espoir d'exercer des pressions sur le gouvernement de Joseph Kabila afin qu'il renforce les institutions démocratiques et les mesures pour la protection des droits humains en RDC.

Stephen Harper n'a toutefois pas adopté cette attitude quand le Sri Lanka a été choisi comme pays hôte de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth en 2013. Le premier ministre a alors menacé de boycotter l'événement si le gouvernement sri-lankais ne menait pas d'enquête sur les violations des droits humains subies par les civils à la fin de la guerre civile.

Puisque le chef du principal parti d'opposition en RDC, Étienne Tshisekedi, a lancé un appel aux protestations à l'ouverture du Sommet, les craintes liées à la sécurité préoccupent l'entourage de M. Harper.

Dans une rencontre préparatoire mardi, le porte-parole du premier ministre, Andrew MacDougall, a énuméré les précautions que les médias devront prendre. Il a notamment suggéré aux journalistes de ne pas prendre de photos à l'extérieur du Sommet et précisé que le gouvernement congolais restreignait la possibilité de filmer certaines choses, particulièrement les membres des services de police et les militaires.

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