NOUVELLES

Camp d'entraînement terroriste: l'imam Abou Hamza plaide non coupable à New York

09/10/2012 04:47 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

NEW YORK, États-Unis - Un imam radical d'origine égyptienne a plaidé non coupable, mardi à New York, à une accusation de conspiration dans le but de mettre sur pied un camp d'entraînement terroriste aux États-Unis, trois jours après son extradition du Royaume-Uni.

Mustafa Kamel Mustafa, 54 ans, mieux connu sous le nom d'Abou Hamza al-Masri, a enregistré son plaidoyer peu avant que la juge fédérale Katherine B. Forrest annonce que le procès commencerait le 26 août 2013. Abou Hamza est aussi accusé d'avoir participé à l'enlèvement de 16 otages, dont deux touristes américains, au Yémen en 1998.

«Il est présumé innocent», a rappelé son avocat commis d'office, Jeremy Schneider, à l'extérieur du tribunal. Quand un journaliste lui a demandé s'il pensait que son client est un terroriste, Me Schneider a répondu: «C'est une question stupide».

L'avocat a précisé que son client préférait se faire appeler par son vrai nom, Mustafa Kamel Mustafa, tel qu'indiqué dans l'acte d'accusation. Le document indique aussi que l'homme porte les surnoms d'Abou Hamza et d'Abou Hamza al-Masri.

Lors de l'audience de mardi, il n'a pas été question des prothèses, dont un crochet, que l'accusé porte pour remplacer ses mains, qu'il affirme avoir perdues lors de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan, mais Me Schneider a ensuite expliqué qu'il s'agissait d'un problème pour son client.

«Je crois qu'il les utilise pendant une certaine partie de la journée, mais pas assez longtemps pour lui permettre de fonctionner comme il le devrait», a dit l'avocat. «Comme vous pouvez l'imaginer, il n'est pas heureux de se retrouver dans une telle situation sans ses prothèses.»

«C'est difficile pour lui. Il n'a pas de mains», a-t-il ajouté.

Mustafa Kamel Mustafa est aussi aveugle d'un oeil. Ses avocats au Royaume-Uni ont affirmé qu'il souffrait de dépression, de manque de sommeil chronique, de diabète et d'autres affections.

L'imam radical s'est fait connaître dans les années 1990 alors qu'il officiait à la mosquée de Finsbury Park, à Londres. La mosquée a été fréquentée par des extrémistes islamistes bien connus, dont Zacarias Moussaoui, le Français condamné à la prison à vie pour son rôle dans les attentats du 11 septembre 2001, et Richard Reid, qui avait caché des explosifs dans ses chaussures lors d'un vol transatlantique. Mustafa Kamel Mustafa était détenu au Royaume-Uni depuis 2004 en lien avec d'autres accusations.

Plus tôt dans la journée, deux hommes extradés du Royaume-Uni en même temps que lui ont comparu pour la première fois devant le juge fédéral Lewis A. Kaplan, qui a fixé le début du procès à octobre 2013.

Khaled al-Fawwaz, 50 ans, et Adel Abdul Bary, 52 ans, sont accusés d'avoir participé aux attentats à la bombe contre les ambassades des États-Unis en Tanzanie et au Kenya en 1998, des attaques qui ont tué 224 personnes, dont 12 Américains. L'ancien chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, tué en mai 2011 au Pakistan, faisait partie des personnes accusées dans ce dossier.

Les deux hommes ont plaidé non coupable.

PLUS:pc