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Attentat suicide contre les services de sécurité syriens

09/10/2012 09:57 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Un double attentat suicide à la voiture piégée a visé l'un des principaux sièges des redoutables services de sécurité de l'armée de l'air, près de Damas, faisant des dizaines de morts selon une ONG syrienne.

Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués, même si un des véhicules piégés a explosé à proximité du site visé, faisant un nombre indéterminé de blessés.

Face à l'escalade "insupportable" des violences, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé le régime syrien à décréter un cessez-le-feu unilatéral, et demandé aux forces d'opposition de le respecter, lors d'une conférence de presse commune avec le président français François Hollande.

Mardi, les violences ont encore fait 72 morts, dont 20 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de militants et de médecins.

La double attaque contre les services de sécurité a eu lieu lundi soir à Harasta, à 10 km au nord-est de Damas. Elle a été revendiquée par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste inconnu avant le début du conflit syrien, qui a déjà affirmé avoir mené la plupart des attentats récents dans le pays.

"Des dizaines de personnes ont été tuées lors des attentats contre le siège des services de renseignements de l'armée de l'air pour la région de Damas, et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s'y trouvaient", a affirmé le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, le site visé par deux explosions à 20 minutes d'intervalles est le plus grand centre de détention de la province de Damas.

"Je tiens pour responsable du sort des détenus, non seulement ceux qui ont mené l'attaque mais également le régime qui détient dans ses geôles des milliers de prisonniers", a-t-il ajouté.

Mardi, l'armée a dévié la route reliant Damas à Homs pour empêcher les automobilistes de voir l'étendue des dégâts.

Damas n'a pas réagi à cette attaque, passée sous silence par les médias officiels.

Selon le communiqué du Front Al-Nosra publié sur Facebook, "un véhicule bourré de neuf tonnes d'explosifs (...) a détruit l'immeuble" des services de renseignements, puis un autre kamikaze "a fait sauter (une) ambulance transportant une tonne d'explosifs qu'il conduisait pour détruire le reste de ce siège et tuer les survivants".

Une source au sein des services de sécurité a affirmé en revanche que des gardes avaient tiré sur le premier véhicule avant qu'il ne pénètre dans l'enceinte ultra-protégée. La voiture a toutefois explosé, et le souffle de l'explosion a provoqué d'importants dégâts et fait des blessés.

La seconde voiture a été interceptée et son conducteur arrêté, a précisé la source. S'en est suivi "un assaut de grande envergure (...) mais après cinq heures de combats ils ont été repoussés", a ajouté ce responsable.

Par ailleurs, l'agence de presse officielle Sana a rapporté un attentat à la bombe dans le quartier de Zablatani, dans le coeur de Damas, qui a fait des blessés. Selon des habitants, l'explosion a eu lieu près d'un bâtiment gouvernemental quasi inoccupé.

Dans le nord du pays, l'armée a bombardé plusieurs quartier d'Alep, enjeu d'une bataille cruciale depuis mi-juillet, selon l'OSDH.

Et dans le centre, les troupes loyalistes ont pénétré dans un quartier rebelle de Homs, Khaldiyé, où "elles traquent les terroristes encore présents", a affirmé la chaîne de télévision officielle.

"Si l'armée réussit à prendre totalement le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s'y trouvent" a souligné un militant de Homs, qui s'est présenté sous le nom d'Abou Bilal. "Il y aura un massacre sans précédent depuis le début de la révolution", a-t-il averti.

Homs, qui fut aux avant-postes du soulèvement contre Bachar al-Assad, a été prise d'assaut lundi par les forces du régime déterminées à y écraser les dernières poches de résistance.

Estimant que "la situation a atteint un stade inacceptable", M. Ban a dit avoir "fait comprendre au gouvernement syrien qu'il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral".

"J'exhorte les forces d'opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l'annonce", a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé Turquie et Syrie à "éviter l'escalade" après une nouvelle riposte lundi de l'armée turque à la chute d'un obus syrien sur son territoire.

Le chef du gouvernement turc a répété mardi devant le Parlement que son pays répondrait systématiquement à toute attaque syrienne, pendant que le chef d'état-major des armées turques, le général Necdet Özel, inspectait ses troupes à la frontière syrienne, théâtre d'incidents militaires à répétition.

L'émissaire international Lakhdar Brahimi doit se rendre prochainement dans la région, alors que la Syrie s'enfonce un peu plus chaque jour dans la guerre civile après plus de 19 mois d'un conflit qui a fait au moins 32.000 morts selon l'OSDH.

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