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Attentat contre les services de sécurité syriens, des dizaines de morts

09/10/2012 06:33 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Des dizaines de personnes ont été tuées et le sort de centaines de prisonniers restait inconnu après un double attentat suicide à la voiture piégée contre l'un des principaux sièges des redoutables services de sécurité de l'armée de l'air, près de Damas.

Face à l'escalade "insupportable" des violences, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé le régime syrien à décréter un cessez-le-feu unilatéral, et demandé aux forces d'opposition de le respecter, lors d'une conférence de presse commune avec le président français François Hollande.

Le Front al-Nosra, un groupuscule jihadiste, a revendiqué l'attaque perpétrée lundi soir à Harasta, à 10 km au nord-est de Damas, évoquant deux véhicules piégés, dont une ambulance, bourrés de plusieurs tonnes d'explosifs et conduites par deux kamikazes.

"Des dizaines de personnes ont été tuées lors des attentats contre le siège des services de renseignement de l'armée de l'air pour la région de Damas, et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s'y trouvaient", a affirmé le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

Selon M. Abdel Rahmane, le site visé par deux explosions à 20 minutes d'intervalles en début de soirée est le plus grand centre de détention de la province de Damas. L'attaque a été suivie par plus de cinq heures d'échanges de tirs.

"Je tiens pour responsable du sort des détenus, non seulement ceux qui ont mené l'attaque mais également le régime qui détient dans ses geôles des milliers de prisonniers", a-t-il ajouté.

Des dizaines de milliers de personnes, arrêtées notamment après le début du soulèvement contre le président Bachar al-Assad, sont détenues par les autorités syriennes selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

Mardi, l'armée a dévié la route reliant Damas à Homs (centre) pour empêcher les automobilistes de voir l'étendue des dégâts, car le bâtiment visé se trouve à proximité de la voie rapide.

Les médias officiels ont passé sous silence cette attaque, revendiquée par Al-Nosra.

Selon le communiqué du groupe sur Facebook, "un véhicule bourré de neuf tonnes d'explosifs (...) a détruit l'immeuble" des services de renseignements de l'armée de l'air "qui est une citadelle de tyrannie".

"Puis 25 minutes plus tard, un autre héros martyr, Abou Yehya al-Chami, a fait sauter l'ambulance transportant une tonne d'explosifs qu'il conduisait pour détruire le reste de ce siège et tuer les survivants".

"Ensuite, nos combattants ont tiré des obus sur ce qui restait du siège", a ajouté al-Nosra, un groupe inconnu avant le début du conflit syrien qui a revendiqué la plupart des attentats récents dans le pays.

Par ailleurs, l'armée a bombardé plusieurs quartier d'Alep, enjeu d'une bataille cruciale depuis mi-juillet, selon l'OSDH.

Après quelques heures de répit, les bombardements ont repris mardi matin à Homs. Les forces du régime ont lancé lundi un assaut sur la ville, considérée comme la "capitale" de la révolte, et sur Qousseir, bastion rebelle voisin, dans une tentative d'y écraser les dernières poches de résistance.

Selon l'OSDH, 176 personnes ont été tuées lundi, dont 22 à Maaret al-Noomane. Mardi, quatre rebelles et un enfant ont péri dans des bombardements et des affrontements dans cette localité d'Idleb (nord-ouest).

Estimant que "la situation a atteint un stade inacceptable", M. Ban a dit avoir "fait comprendre au gouvernement syrien qu'il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral".

"J'exhorte les forces d'opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l'annonce", a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé Turquie et Syrie à "éviter l'escalade" et à faire preuve de "modération" après une nouvelle riposte lundi de l'armée turque à la chute d'un obus syrien sur son territoire.

Le chef d'état-major des armées turques, le général Necdet Özel, a inspecté mardi ses troupes à la frontière syrienne, théâtre d'incidents militaires à répétition, a rapporté l'agence Anatolia.

L'émissaire international Lakhdar Brahimi doit se rendre prochainement dans la région, alors que la Syrie s'enfonce un peu plus chaque jour dans la guerre civile après plus de 19 mois d'un conflit qui a fait au moins 32.000 morts selon l'OSDH.

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