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Abolition de la peine de mort: appels au Maroc pour "montrer l'exemple"

09/10/2012 03:14 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Une coalition marocaine et diverses personnalités ont appelé mardi le Maroc à "montrer l'exemple" en devenant le premier pays arabe à abolir la peine de mort, conformément à la nouvelle Constitution du royaume qui consacre le "droit à la vie".

Lors d'une conférence de presse tenue à l'occasion de la journée mondiale contre la peine de mort dans le monde -chaque 10 octobre-, un responsable de la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM), Abderrahim Jamaï, a souligné l'existence de démarches en cours parmi les parlementaires marocains.

Il a dit regretter "que les requêtes de la société civile aient été jusque-là marginalisées par le gouvernement".

Présente pour l'occasion, Nouzha Skalli, députée du PPS, un petit parti associé au gouvernement, a en réponse promis "d'accompagner la coalition marocaine pour mobiliser les parlementaires marocains", et émis le souhait que le Maroc devienne "le premier pays de la région à mettre fin à ce châtiment".

"La peine de la mort est un permis de tuer, une loi qui appartient à des temps révolus" et l'abolir "montrera le visage civilisé de la société et sa capacité à être moralement supérieure à l'auteur du crime", a par ailleurs relevé Abdellatif Laâbi, un écrivain et penseur marocain membre de la CMCPM.

"La peine de mort, dans le cas du Maroc, a été appliquée en particulier à l'encontre des opposants politiques (...) et le fait de maintenir ce châtiment montre que ce passé douloureux est toujours présent", a-t-il souligné.

La Fondation Friedrich Ebert, associée à cette conférence de presse, a également affirmé que le Maroc, pays arabe "le plus avancé sur la question de l'abolition de la peine de la mort", devait concrétiser cet "élan".

Dans le tumulte du Printemps arabe, le roi Mohammed VI a fait adopter par référendum, en 2011, une révision constitutionnelle qui consacre notamment le "droit à la vie", mais sans prévoir explicitement l'abolition de la peine de mort.

Au Maroc, où un moratoire est appliqué de facto, une centaine de condamnés à mort attendent depuis 1993 leur exécution.

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